Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

明月之珠

Lecture japonaise めいげつ の たま / しゅ
Rōmaji Meigetsu no Tama / Shu
Sens Une perle merveilleuse réputée briller d'elle-même dans l'obscurité, avec un éclat comparable à celui de la lune ; par extension, un trésor d'une valeur exceptionnelle.

Littéralement : « la perle de la lune brillante ».

Variante(s) 明月の珠めいげつのたま meigetsu no tama

Forme japonaise avec la particule の, attestée notamment dans le 『両足院本山谷抄』 vers 1500.

Source Le dictionnaire officiel du Kanken pour les 四字熟語yojijukugo donne ce passage comme source de la locution.

劉安『淮南子』「説山訓」 :

明月之珠、出於蠬蜄。

La perle de la lune brillante naît dans un grand coquillage.

Néanmoins, elle apparaît plus tôt ici:

李斯「諫逐客書」 (Li Si, « Mémoire contre l'expulsion des étrangers ») :

今陛下致崑山之玉、有隨和之寶、垂明月之珠、服太阿之劍、乘纖離之馬、建翠鳳之旗、樹靈鼉之鼓。

À présent, Votre Majesté s'est procuré le jade du mont Kunlun, possède les trésors de Sui et de He, porte suspendue à sa personne la perle de la lune brillante, ceint l'épée Tai'e, monte le cheval Xianli, dresse l'étendard au phénix de martin-pêcheur et fait ériger les tambours de peau de crocodile.

La formule 明月之珠 est donc attestée telle quelle avant la compilation du 『淮南子』. Le 『諫逐客書』 est traditionnellement daté de 237 av. J.-C., tandis que le 『淮南子』 fut compilé vers 139 av. J.-C.

Niveau Kanken Pré-1
Rareté 3 – Érudit
Exemple d'usage 1) Plus ancienne attestation vérifiée dans un texte écrit au Japon :

宋朝商客、其舶已來、貨物數多倍於前。麝臍之香、鳳文之錦、可謂奇珍。以通天之犀求明月之珠。勢州蛑胎、産件珠者也。

藤原明衡 – 『明衡往来めいごうおうらい』, 11世紀

Depuis l'arrivée du navire des marchands des Song, les marchandises sont beaucoup plus nombreuses qu'auparavant. Le parfum de musc et le brocart aux motifs de phénix peuvent assurément être qualifiés de raretés. Avec une corne de rhinocéros tongtian, on cherche à obtenir une perle brillante comme la lune ; les coquillages de la province d'Ise produisent précisément ce type de perle.

Fujiwara no Akihira – Meigō Ōrai, XIe siècle

2)

明月の珠の如な人は群を抜た人ぞ。

『両足院本山谷抄』二, 1500頃

Un homme comparable à une perle brillante comme la lune est un homme qui se distingue de tous les autres.

Anonyme – 『両足院本山谷抄』, vol. 2, vers 1500

3)

これから持ちたいと話す座右の銘は「明月之珠(めいげつのたま)」。

タウンニュース – 「自ら輝く ハマの選手に」, 2019年11月14日

La devise qu'il dit vouloir désormais faire sienne est « la perle de lune ».

Town News – portrait de Mori Keito, 14 novembre 2019
Commentaire Le caractère shu doit ici être compris au sens propre de perle. Le 『淮南子』 affirme que le 明月之珠 naît dans un coquillage, et le commentaire ancien de 高誘 précise que 夜光 et 明月 désignent des perles lumineuses qui se forment dans ce type de mollusque.

La valeur extraordinaire de cette perle explique sa présence répétée parmi les trésors légendaires de la littérature chinoise. Dans le 『戦国策』, 李兌 offre ainsi à 蘇秦 une 明月之珠 aux côtés du célèbre 和氏之璧, d'une pelisse de martre noire et de cent yi d'or.

La 明月之珠meigetsu no tama est également étroitement associée au 夜光之璧yakō no heki. Dans la célèbre pétition de 鄒陽, les deux trésors sont cités ensemble : si l'on jetait soudainement dans l'obscurité une perle aussi précieuse ou un jade lumineux devant un passant, celui-ci porterait instinctivement la main à son épée, faute de comprendre pourquoi un tel objet vient d'apparaître devant lui. Cette image est à l'origine de la locution 明珠暗投めいしゅあんとう.

La confusion avec la 随侯之珠zuikō no tama est également ancienne. Dans le 『搜神記』, la perle rapportée par le serpent au marquis de Sui est décrite comme blanche et lumineuse la nuit, « semblable à l'éclat de la lune » ; le texte précise qu'elle est appelée 隋侯珠, 靈蛇珠, mais aussi 明月珠. Cette tradition tardive explique l'association des deux joyaux sans permettre d'identifier automatiquement toutes les occurrences anciennes de 明月之珠 à la perle du marquis de Sui.

Locutions apparentées 夜光之璧やこうのへき yakō no heki

随侯之珠ずいこうのたま zuikō no tama

和氏之璧かしのへき kashi no heki

隋和之宝ずいかのたから zuika no takara

隋珠和璧ずいしゅかへき zuishu kaheki

明珠暗投めいしゅあんとう meishu antō

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