Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

鼓琴之悲

Lecture japonaise こきん の かなしみ
Rōmaji Kokin no Kanashimi
Sens Douleur éprouvée à la mort d’un ami intime.

L’expression évoque le geste de 張翰 (Zhang Han) qui, lors des funérailles de son ami 顧榮 (Gu Rong), joue du qin que la famille du défunt avait placé sur sa couche funéraire.

Variante(s) 鼓琴の悲しみこきんのかなしみ kokin no kanashimi

Forme japonisée attestée dans des ressources pédagogiques japonaises modernes.

Source La lexicographie japonaise donne comme source『世說新語』「傷逝」 (Nouveaux propos sur les affaires du monde, « Deuils »). Le récit concerne 顧彥先 (Gu Yanxian, nom de courtoisie de 顧榮, Gu Rong) et 張季鷹 (Zhang Jiying, nom de courtoisie de 張翰, Zhang Han). Le premier aimait le qin et, après sa mort, sa famille plaça son instrument sur la couche funéraire :

顧彥先平生好琴,及喪,家人常以琴置靈床上。張季鷹往哭之,不勝其慟,遂徑上床,鼓琴,作數曲竟。

Gu Yanxian avait toute sa vie aimé le qin. À sa mort, sa famille plaça comme à l’accoutumée l’instrument sur la couche funéraire. Zhang Jiying vint le pleurer ; ne pouvant contenir sa douleur, il monta directement sur la couche, joua du qin et acheva plusieurs morceaux.

La forme quadrisyllabique 鼓琴之悲kokin no kanashimi n’apparaît pas dans ce passage : 『世說新語』 (Nouveaux propos sur les affaires du monde) en constitue le passage-source, et non une occurrence exacte. Je n’ai pas retenu à ce stade d’attestation ancienne exacte de cette forme à quatre caractères.

Niveau Kanken Absent
Rareté 5 – Chinois classique
Exemple d’usage 顧彥先は平生にして琴を好み、喪ぜるに及び、家人は常に琴を以て靈床が上に置く。張季鷹は往きて之に哭し、其の慟に勝らず、遂には上床を徑、琴を鼓し、數曲を作し竟え。
「世説新語 on the Web」 – 「傷逝7」

Gu Yanxian avait de son vivant un goût particulier pour le qin. Lorsqu’il mourut, sa famille plaça comme à l’accoutumée l’instrument sur sa couche funéraire. Zhang Jiying vint le pleurer ; incapable de contenir sa douleur, il monta directement sur la couche, joua du qin et acheva plusieurs morceaux.

Lecture japonaise de Nouveaux propos sur les affaires du monde, « Deuils », § 7

Il s’agit du kundoku du passage-source ; la forme quadrisyllabique 鼓琴之悲kokin no kanashimi n’y apparaît pas.

Commentaire L’anecdote s’est condensée sous plusieurs formes. Le 『日本国語大辞典Nihon Kokugo Daijiten』 donne à 鼓琴kokin lui-même, outre son sens propre de « jouer du qin », le sens figuré de « douleur causée par la mort d’un ami intime ». Le dictionnaire officiel taïwanais enregistre de son côté la forme chinoise 鼓琴悲, tandis que la fondation Kanken retient 鼓琴之悲kokin no kanashimi. Ces expressions renvoient au même épisode de 『世說新語』 (Nouveaux propos sur les affaires du monde), mais ne constituent pas une seule et même forme textuelle.

Le rapprochement avec 人琴之嘆jinkin no tan n’est d’ailleurs pas une confusion moderne. Au début du XIIIe siècle, 劉昌詩 (Liu Changshi), dans 『蘆浦筆記』 (Notes de Lupu), rapporte successivement l’épisode de 王徽之 et 王獻之, puis celui de 顧榮 et 張翰, avant de conclure :

此二事如一。

Ces deux épisodes sont semblables.

Il replace ensuite ces récits parmi d’autres manières singulières de pleurer les morts sous les Jin, notamment en imitant le braiment de l’âne qu’appréciait le défunt.

Locutions apparentées 人琴之嘆じんきんのたん jinkin no tan

伯牙絶弦はくがぜつげん hakuga zetsugen

古琴之友こきんのとも kokin no tomo

嗚呼哀哉ああかなしいかな aa kanashii kana

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