風木之悲
| Lecture japonaise | ふうぼく の かなしみ |
| Rōmaji | Fūboku no Kanashimi |
| Sens | Chagrin de ne plus pouvoir témoigner sa piété filiale à ses parents après leur mort.
L’image est celle de l’arbre qui voudrait rester immobile, mais que le vent continue d’agiter. |
| Variante(s) | 風木の悲 fūboku no kanashimi
Forme japonisée avec の, attestée dans la littérature d’Edo. |
| Source | 1) L'origine de la maxime est transmise par 『韓詩外傳』卷九 (Commentaires externes aux Odes, livre IX) ; la locution exacte n’y figure pas :
樹欲靜而風不止,子欲養而親不待也。 L’arbre voudrait rester immobile, mais le vent ne cesse pas ; le fils voudrait prendre soin de ses parents, mais ceux-ci ne l’attendent pas. 2) Une attestation chinoise exacte se trouve plus tard chez 顧大典 (Gu Dadian), 『青衫記』「元白揣摩」 (La Tunique bleue, « Yuan et Bai confrontent leurs idées ») : 早年失怙。常懷風木之悲。 Ayant perdu son père dans sa jeunesse, il porte constamment le chagrin de ne plus pouvoir accomplir sa piété filiale. |
| Niveau Kanken | 準1級 |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | 千代もと祈りしそのかひもなく空しく、風木の悲を抱き。
横井也有 – 『鶉衣』
En vain avait-il prié pour mille années de vie ; désormais il porte le chagrin d'un fils orphelin. Yokoi Yayū – Uzuragoromo |
| Commentaire | Cette locution est un très bon exemple pour comprendre comment une image acquiert un sens. Car rien dans un arbre battu par le vent n'évoque la tristesse d'un fils qui ne peut plus honorer sa dette envers ses parents bienfaiteurs. C'est uniquement parce que cette image, très visuelle et compréhensible de tous, est juxtaposée au concept confucéen (et somme toute abstrait) de ne plus pouvoir témoigner sa piété envers ses parents car ils sont décédés, qu'elle hérite de ce sens. D'aucuns pourraient arguer que là réside tout l'art des anciens écrivains chinois de rendre palpable des idées complexes grâce à des images parlantes. |
| Locutions apparentées | 嗚呼哀哉 aa kanashii kana
風樹之嘆 fūju no tan 風樹之悲 fūju no kanashimi 風木含悲 fūboku ganpi 風木之歎 fūboku no tan |