Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

随侯之珠

Lecture japonaise ずいこう の たま
Rōmaji Zuikō no Tama
Sens Un joyau extrêmement précieux ; un trésor sans égal.

Littéralement : « la perle du marquis de Sui ».

La locution désigne une perle merveilleuse appartenant, selon la tradition chinoise, au souverain de l'ancien État de Sui.

Variante(s) 1) 随侯の珠ずいこうのたま zuikō no tama

2) 隋侯之珠ずいこうのたま zuikō no tama

鄒陽‐獄中上書 (Zou Yang - Pétition depuis la prison):

故無因而至前、雖出隋侯之珠、夜光之璧、祗足結怨而不見徳。

Par conséquent, si quelqu’un se présente à vous sans raison, même s’il vous offre une perle de grande valeur ou un jade éclatant, cela ne fera que susciter l’inimitié et ne vous apportera aucune vertu.

3) 隋侯の珠ずいこうのたま zuikō no tama

新選漢和辞典 (Shinsen Kanwa Jiten):

【隋珠弾(彈)雀】ずいしゅ だんじゃく 隋侯の珠ですずめをうつ。つまらないもののために、大事なものを使う。不適当な使い方。

【隋珠弾(彈)雀】Suiju Danjaku Abattre un moineau avec un joyau inestimable (la perle du marquis de Sui). Utiliser les grands moyens pour un but modeste. Une méthode inappropriée.

Source 『荘子』「譲王」 (Le « Zhuangzi », chapitre « Ceux qui ont renoncé à la royauté ») :

今且有人於此,以隨侯之珠彈千仞之雀,世必笑之。是何也?則其所用者重而所要者輕也。

Supposons qu'un homme se serve de la perle du marquis de Sui pour abattre un moineau volant à une immense hauteur : tout le monde se moquerait nécessairement de lui. Pourquoi ? Parce que ce qu'il emploie est d'une immense valeur et ce qu'il cherche à obtenir insignifiant.

La formule est donc déjà constituée dans le texte ancien. Elle apparaît également sous la variante 隋侯之珠 dans d'autres œuvres transmises de l'époque des Royaumes combattants. L'histoire textuelle de ces ouvrages ne permet toutefois pas d'établir avec certitude lequel de ces témoins constitue chronologiquement la toute première occurrence.

Niveau Kanken Pré-1
Rareté 5 – Chinois classique
Exemple d'usage Cette locution vit au Japon à travers les citations, traductions et commentaires des sources chinoises. 随侯の珠として知られる宝玉。夜光珠・夜光璧とも呼ばれる。
久保田啓一, 近世和歌集 (校注・訳)

Un joyau connu sous le nom "perle du marquis de Sui". On l'appelle aussi "perle qui brille la nuit" ou "joyau qui brille la nuit".

Kubota Keiichi, commentaire au Kinsei Wakashū
Commentaire Le passage du 『荘子』 explique la célébrité et la valeur extraordinaire de la perle : sacrifier un tel trésor pour atteindre un simple moineau serait l'exemple même d'un moyen disproportionné par rapport à son but.

La légende expliquant l'origine de la perle est plus tardive. Dans le 『搜神記Sōshinki』 (« À la recherche des esprits ») attribué à Gan Bao, le marquis de Sui rencontre un grand serpent blessé, le soigne et lui sauve la vie. Plus tard, le serpent revient en tenant dans sa gueule une perle lumineuse qu'il lui offre en remerciement. Le joyau devient dès lors la « perle du marquis de Sui ».

shu désigne ici une perle ou un joyau sphérique précieux. Les récits tardifs la décrivent comme blanche et capable de luire dans l'obscurité, d'où ses autres appellations de « perle lumineuse » ou « perle de la lune brillante ».

Associée au 和氏之璧kashi no heki, elle forme le couple traditionnel des deux trésors les plus célèbres de l'Antiquité chinoise.

Locutions apparentées 夜光之璧やこうのへき yakou no heki

卞和泣璧べんかきゅうへき benka kyūheki

和氏之璧かしのへき kashi no heki

連城之璧れんじょうのへき renjō no heki

隋和之宝ずいかのたから zuika no takara

隋珠和璧ずいしゅかへき zuishu kaheki

#之 #侯 #珠 #随 #随侯之珠