坐破寒氈
| Lecture japonaise | ざは かんせん |
| Rōmaji | Zaha Kansen |
| Sens | Se consacrer si longtemps à l’étude que l’on finit par user le feutre sur lequel on est assis ; travailler avec une persévérance extrême, au prix de longues années de privations.
Littéralement, « trouer à force de s’asseoir un feutre usé par la pauvreté ». 坐破 signifie « user jusqu’à percer en restant assis » ; 寒氈 évoque une natte ou un tapis de feutre dans un intérieur modeste et froid. |
| Source | 范康『陳季卿誤上竹葉舟』第一折, texte du 『元曲選』(Fan Kang, Le Bateau de feuilles de bambou, acte I, version éditée par Zang Maoxun sous les Ming)
坐破寒氈,磨穿鐵硯,自誇經史如流。拾他青紫,唾手不須憂。 « J’ai usé jusqu’à trouer le feutre sur lequel j’étudie, et percé ma pierre à encre à force de travail ; je me targue de connaître sur le bout des doigts les Classiques et les livres d’histoire. Obtenir les insignes d’une charge officielle ? Il n’y aurait qu’à tendre la main. » La pièce est attribuée à Fan Kang, auteur des Yuan, mais la formule est attestée dans la version publiée sous les Ming dans le Yuanqu xuan. |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 5 – Chinois classique |
| Exemple d’usage | L’expression est répertoriée dans des ressources japonaises consacrées aux 四字熟語, notamment comme équivalent de 磨穿鉄硯 ; sa réception documentée est ici de nature lexicographique et pédagogique.
Notons par ailleurs que le passage source de la locution appartient au théâtre chinois en langue vernaculaire, et non pas au chinois classique. Il n'existe donc pas de kundoku de ce texte, c'est-à-dire de transcription japonaise. Le texte était néanmoins connu au Japon, comme l'atteste un écrit de l'écrivain 幸田露伴,「邯鄲と竹葉舟」qui en résume l'intrigue en japonais. |
| Commentaire | Dans la littérature chinoise, le feutre est devenu une image de la condition matérielle des lettrés. Du Fu évoque ainsi son confrère Zheng Qian, célèbre pour son talent mais si pauvre qu’il ne possède même pas de tapis de feutre pour asseoir ses visiteurs. L’objet possède aussi une tout autre valeur dans une anecdote rapportée par le Jin shu : surpris par des voleurs, le calligraphe Wang Xianzhi leur demande de lui laisser un vieux feutre bleu transmis par sa famille. Du dénuement à l’héritage précieux, cette étoffe modeste occupe une place singulière dans l’imaginaire lettré chinois. |
| Locutions apparentées | 磨穿鉄硯 Masen Tekken |