悠悠自適
| Lecture japonaise | ゆうゆう じてき |
| Rōmaji | Yūyū Jiteki |
| Sens | Vivre paisiblement à sa guise, loin des tracas du monde, en menant une existence calme et conforme à ses propres inclinations.
Littéralement : tranquillement et ce qui correspond à soi. |
| Variante(s) | 1) 優悠自適 Yūyū Jiteki
百花妍を争ふ植物も培養してある、優悠自適せる動物も飼養してある。 黒板勝美「博物館に就て(一)」『東京朝日新聞』1912年8月24日、第9363号
On y cultive aussi des plantes dont les fleurs rivalisent d’éclat, et l’on y élève des animaux qui vivent à leur guise. Kuroita Katsumi, « À propos des musées (I) », Tokyo Asahi Shimbun, 24 août 1912, no 9363
2) 優遊自適 Yūyū Jiteki 國家の安危、同胞の存亡、すべて棄てゝ顧ず、優遊自適、安居放吟、もツてみづから高しとするものとなせるあり。是れ甚しき謬解なるべし。 坪内逍遥 – 『太陽』「戰爭と文學(承前)」, 1895
Certains, sans se soucier du salut de l’État ni du sort de leurs compatriotes, abandonnent tout, vivent à leur guise, demeurent dans le confort et déclament des vers, puis s’en estiment supérieurs. C’est là une grave méprise. Tsubouchi Shōyō – Taiyō, « La guerre et la littérature (suite) », 1895
3) 優游自適 Yūyū Jiteki Cette graphie est aussi celle du passage traditionnellement donné comme source et présenté ci-dessous. |
| Source | La tradition lexicographique rattache la locution à une lettre attribuée à Aoyama Haigensai et liée à Ōtaka Gengo. Le passage transmis emploie une graphie ancienne du premier membre :
香を焚き仏に礼し、優游自適す。 青山佩弦斎『大高源吾母に訣るる書』
Brûler de l’encens, rendre hommage au Bouddha et vivre à sa guise. Aoyama Haigensai – Lettre d’Ōtaka Gengo prenant congé de sa mère
La source ne transmet donc pas la graphie aujourd’hui choisie comme vedette, mais une variante ancienne qui conserve exactement la même lecture et le même noyau de sens. |
| Niveau Kanken | pré-2 |
| Rareté | 2 – Littéraire |
| Exemple d’usage | 彼等の祖先は〈略〉決して試験官の存在を無視して悠悠自適する達観の士ではなかった。
武田泰淳 – 『小説家とは何か』, 1951
Leurs ancêtres n’étaient nullement des hommes d’un détachement si accompli qu’ils auraient pu ignorer l’existence des examinateurs et vivre à leur guise. Takeda Taijun – Qu’est-ce qu’un romancier ?, 1951 |
| Commentaire | Cette locution désigne souvent la vie détachée et sans souci de poètes ou d'ermites dans les montagnes. Elle évoque le calme paisible de la Nature, détaché des problèmes séculaires. La locution semble être apparue spontanément au Japon, et non pas dans un classique chinois, ce qui est assez rare pour être relevé. Morohashi Tetsuji n'enregistre pas cette locution dans son grand dictionnaire (le Dai Kanwa Jiten)... par contre, il l'emploie volontiers dans ses descriptions! |
| Locutions apparentées | 一竿風月 ikkan fūgetsu
一丘一壑 ikkyū ichigaku 悠然自得 yūzen jitoku 逍遥自在 shōyō jizai 悠悠閑適 yūyū kanteki 悠悠閑閑 yūyū kankan |