剜肉医瘡
| Lecture japonaise | わんにく いそう |
| Rōmaji | Wanniku Isō |
| Sens | Pallier une difficulté immédiate par un moyen qui occasionne ailleurs une perte ou un nouveau dommage. Se dit particulièrement d’un expédient qui soulage momentanément sans résoudre le problème de fond.
Littéralement : « extraire de la chair pour soigner une plaie ». 剜肉 exprime le prélèvement de chair ; 医瘡 désigne le traitement d’une plaie. |
| Variante(s) | 剜肉醫瘡 Wanniku Isō |
| Source | 1) Cette image apparaît chez Nie Yizhong, sous les Tang, dans un poème décrivant l’endettement de familles paysannes. Les vers constituent l’antécédent littéraire de la locution, sans présenter ses quatre caractères réunis.
聶夷中『詠田家』(一作『傷田家』) (Nie Yizhong, « Chant de la famille paysanne », dynastie Tang) 二月賣新絲,五月糶新穀。醫得眼前瘡,剜卻心頭肉。 Au deuxième mois, on vend par avance la soie nouvelle ; au cinquième, le grain nouveau. Pour soigner la plaie présente, on arrache la chair qui couvre le cœur. 2) La forme quadrigraphique est notamment conservée dans une tradition textuelle d’un mémoire de Zhu Xi composé en 1180. 朱熹『乞蠲減星子縣稅錢第二狀』(『朱子年譜』所引) (Zhu Xi, « Second mémoire demandant une réduction des taxes du district de Xingzi », cité dans le Zhuzi nianpu, 1180) 今乃限以對補,勢無從出,不過剜肉醫瘡,以欺天罔人,非惟無益,而反有害。 Or, si l’on exige une compensation, on ne saura où trouver les fonds : ce n’est que prélever de la chair pour soigner une plaie et tromper le Ciel comme les hommes ; loin d’être utile, ce procédé devient nuisible. |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 5 – Chinois classique |
| Exemple d’usage | Le Daikanwa Jiten donne la lecture développée de l’expression :
肉を剜って瘡を医す。 『大漢和辞典』第9巻、250頁、「剜肉医瘡」
niku o egutte sō o isu : prélever de la chair pour soigner une plaie. Daikanwa jiten, vol. 9, p. 250, article « Wanniku Isō »
La locution possède également une forme proverbiale développée, 肉を剜って瘡を医す, citée dans les dictionnaires japonais de proverbes. |
| Commentaire | La langue française possède une image voisine, mais moins cruelle : « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Le Dictionnaire de l’Académie française enregistre cette expression dès sa septième édition (1878), en précisant qu’elle revient à remédier à un inconvénient par un autre. La neuvième édition insiste sur le déplacement du problème plutôt que sur sa résolution. Dans les deux cas, on prive quelqu'un d'un aspect de soi pour le mettre ailleurs : donner des vêtements à quelqu’un, ou prélever de la chair sur un corps. |
| Locutions apparentées | 剜肉補瘡 Wanniku Hosō
剜肉作瘡 Wanniku Sasō 剜肉成瘡 Wanniku Seisō |