通儒碩学
| Lecture japonaise | つうじゅ せきがく |
| Rōmaji | Tsūju Sekigaku |
| Sens | Un savant à l’érudition vaste et profonde ; un grand lettré ayant poussé très loin l’étude.
Littéralement : « lettré accompli, grand savant ». 通儒 désigne un lettré versé dans de nombreux savoirs et capable d’en saisir les principes ; 碩学, un savant d’une grande érudition. |
| Variante(s) | 1) 通儒碩學 Tsūju Sekigaku
2) 碩学通儒 Sekigaku Tsūju 3) 碩學通儒 Sekigaku Tsūju 若し、中堂をして、現代の我日本に生れしめば、惟ふに碩學通儒を以て任じ、一代の師表たるべし。我日本現代の政治は實に、國民一般によりて指導せらるゝものにし 青柳篤恒「張中堂論」『太陽』, 1909, p. 72
Si le Zhongtang avait vu le jour dans le Japon de notre temps, je pense qu’il aurait fait figure de grand érudit accompli et serait devenu le maître exemplaire de toute une génération. La politique du Japon contemporain est en réalité guidée par l’ensemble de la nation… Aoyagi Atsutsune – « Zhang Zhongtang ron », Taiyō, 1909, p. 72 |
| Source | Une occurrence exacte très ancienne de 通儒碩学, sous la graphie traditionnelle 通儒碩學, est conservée dans le 『南齊書』. Le passage reproduit un avis de 王儉 daté de 建元四年, soit 482 : dans une discussion sur le maintien des rites ancestraux en période de deuil impérial, il invoque l’autorité des générations de grands savants qui avaient conservé l’usage.
1) 『南齊書』巻九「禮上」 (Nan Qi shu, vol. 9, « Rites, I ») 江左以來,通儒碩學所歷多矣,守而弗革,義豈徒然。 Depuis que la cour s’est établie au Jiangzuo, nombreux ont été les grands savants accomplis qui se sont succédé ; s’ils ont maintenu cette règle sans la modifier, ce ne saurait être sans raison. Le 『南史』 conserve un autre emploi ancien, directement appliqué à un homme. 到溉 vient écouter 賀琛 enseigner les Classiques, échange avec lui sur leur interprétation puis salue l’étendue de son savoir par cette formule. 2) 『南史』巻六十二「賀琛伝」 (Nan shi, vol. 62, « Biographie de He Chen ») 溉歎曰:「通儒碩學,復見賀生。今且還城,尋當相屈。」 Dao Gai s’exclama : « En maître He, je retrouve un grand savant accompli. Je rentre maintenant en ville ; je viendrai bientôt vous solliciter. » |
| Niveau Kanken | pré-1 |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | 経典の研究に優れ、様々な書物に注を施し、通儒碩学として多くの人から尊敬された人物です。
『鸞鳳の道標』「三国志:風に舞う龍-劉備(1)」, 2013
Il excellait dans l’étude des Classiques, annota de nombreux ouvrages et fut respecté par beaucoup comme un grand érudit accompli. Ranpō no Michishirube – « Trois Royaumes : le dragon dans le vent – Liu Bei (1) », 2013 |
| Commentaire | En 79, l’empereur Zhang des Han orientaux convoqua au Pavillon du Tigre blanc, à Luoyang, une grande conférence consacrée aux divergences d’interprétation des Cinq Classiques. Fonctionnaires et spécialistes y confrontèrent leurs lectures pendant plusieurs mois ; l’empereur intervenait lui-même dans les décisions, et Ban Gu fut chargé de mettre par écrit la matière des discussions, à l’origine de la tradition textuelle du 『白虎通』(Bai hu Tong).
Les récits de cette réunion donnent une image concrète de la culture lettrée dans laquelle pouvait se former l’idéal du 通儒. Li Yu, spécialiste du commentaire Gongyang des Annales des Printemps et Automnes, y affronta Jia Kui dans une série d’objections argumentées ; la tradition historiographique le qualifie à cette occasion de 最為通儒, « le plus accompli des lettrés ». L’autorité savante se construisait ainsi dans la maîtrise des Classiques, la confrontation des traditions exégétiques et la capacité à défendre une interprétation devant d’autres spécialistes. |
| Locutions apparentées | 碩学鴻儒 Sekigaku Kōju
碩学大儒 Sekigaku Taiju |