斗南一人
| Lecture japonaise | となん の いちにん |
| Rōmaji | Tonan no Ichinin |
| Sens | La personne la plus éminente sous le ciel, sans égale par sa valeur ou son savoir.
Littéralement, 斗南 condense l’idée d’être « au sud de la Grande Ourse », c’est-à-dire dans tout le monde habité ; 一人 désigne l’unique personne digne d’un tel rang. |
| Variante(s) | 斗南の一人 Tonan no Ichinin |
| Source | 斗南一人 condense un éloge adressé au haut fonctionnaire des Tang Di Renjie dans sa biographie du 『新唐書』, achevé en 1060. La locution quadrigraphique n’y apparaît pas encore sous sa forme soudée : le texte développe l’image en disant qu’au sud de la Grande Ourse, il n’existe qu’un seul homme de sa valeur.
1) 『新唐書』巻一百十五「狄仁傑伝」 (Xin Tang shu, vol. 115, « Biographie de Di Renjie ») 同府參軍鄭崇質母老且疾,當使絶域。仁傑謂曰:「君可貽親萬里憂乎?」詣長史藺仁基請代行。仁基咨美其誼,時方與司馬李孝廉不平,相敕曰:「吾等可少愧矣!」則相待如初,毎曰:「狄公之賢,北斗以南,一人而已。」 Zheng Chongzhi, officier du même gouvernement, avait une mère âgée et malade, mais devait être envoyé dans une région lointaine. Di Renjie lui dit : « Peux-tu donc laisser à ta mère l’angoisse de te savoir à dix mille lis ? » Il alla demander au préfet Lin Renji de partir à sa place. Admirant cette loyauté, Lin Renji, alors en mauvais termes avec le commandant Li Xiaolian, lui déclara : « Nous avons de quoi rougir un peu. » Ils se traitèrent dès lors comme auparavant, et l’on répétait : « Pour la valeur de maître Di, il n’est qu’un seul homme au sud de la Grande Ourse. » Une occurrence exacte de 斗南一人 se rencontre ensuite dans la préface du 『斗南老人集』, au début des Ming. Un taoïste mystérieux y désigne par ces quatre caractères l’auteur d’un poème que l’on attribuera plus tard à Hu Kui. 2) 寧王權「斗南老人集序」 (Zhu Quan, « Préface au Dou nan laoren ji ») 問其所作,以箸書斗南一人四字於几上。 Interrogé sur l’auteur de ces vers, il écrivit avec ses baguettes sur la table les quatre caractères « l’unique homme au sud de la Grande Ourse ». |
| Niveau Kanken | 3 |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | 高校時代の勢いをそのままに、『斗南一人』を目指して学業に励んでほしい。ぜひ、明治大学からノーベル賞を。
明治大学「学長から新入生代表へ大辞林を贈呈」, 2012
Je souhaite que vous conserviez l’élan de vos années de lycée et que vous vous appliquiez à vos études en visant à devenir « l’unique homme sous le ciel ». Puissions-nous voir sortir un prix Nobel de l’université Meiji. Université Meiji – « Remise d’un Daijirin aux représentants des nouveaux étudiants », 2012 |
| Commentaire | Dans l’astronomie chinoise traditionnelle, le nord du ciel n’était pas seulement un repère géographique : il était organisé comme une cour impériale céleste. L’enceinte dite « Pourpre interdite », centrée sur le pôle céleste nord, englobait approximativement la Grande Ourse ; ses étoiles figuraient l’espace du souverain céleste et de son entourage. La Grande Ourse appartenait ainsi à une région du ciel chargée d’une forte valeur cosmologique et politique.
Cette représentation passa aussi au Japon avec les cartes célestes chinoises. En 1677, Shibukawa Shunkai réalisa une carte fondée sur ce système, en remplaçant notamment les noms géographiques chinois par des noms japonais ; les cartes japonaises restèrent longtemps tributaires de cette tradition. L’image de « l’unique homme au sud de la Grande Ourse » s’inscrit donc dans un univers où le ciel septentrional constituait lui-même un ordre symbolique, et non une simple indication de direction. |
| Locutions apparentées | 泰山北斗 Taizan Hokuto |