雖富而貧
| Lecture japonaise | すいふ じひん |
| Rōmaji | Suifu Jihin |
| Sens |
Être pauvre malgré la richesse matérielle : celui qui ne sait pas se contenter de ce qu’il possède demeure intérieurement pauvre, même s’il est riche.
L’expression oppose la possession matérielle à la véritable richesse que constitue, dans la pensée bouddhique, le 知足, « savoir se contenter de ce que l’on a ». Littéralement : « bien que riche, [être] pauvre ». |
| Source |
La locution est tirée du 『佛垂般涅槃略說教誡經』 (Sūtra des brèves exhortations prononcées par le Bouddha à l’approche du parinirvāṇa), également appelé 『佛遺教經』 (Sūtra des enseignements légués du Bouddha), conservé dans le canon de Taishō sous le numéro T12, no 389. Le texte reçu porte l’attribution traditionnelle à 鳩摩羅什 (Kumārajīva).
La vedette quadrigraphique est extraite d’une proposition plus longue et forme, dans le texte, le premier membre d’une antithèse : 不知足者雖富而貧,知足之人雖貧而富。 Celui qui ne sait pas se contenter de ce qu’il a est pauvre même s’il est riche ; celui qui sait se contenter est riche même s’il est pauvre. |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 5 – Chinois classique |
| Exemple d’usage | La locution est célèbre, mais rarement présentée sous sa forme quadrigraphique plutôt compliquée, sauf quand il s'agit de reproductions du sutra où elle apparaît.
Toutefois, il en existe une lecture japonisée ("kundoku") bien attestée: 不知足の者は、富めりと雖も而も貧し。知足之人は、貧しと雖も而も富めり。 全超寺 – 『遺経』
Celui qui ne sait pas se contenter de ce qu’il a, bien qu’il soit riche, demeure pauvre. Celui qui sait se contenter, bien qu’il soit pauvre, est riche. Temple Zenchōji – Sūtra des enseignements légués du Bouddha
|
| Commentaire | Au Japon, cette locution est également célèbre car elle apparaît chez le moine 道元, la figure la plus influente du Zen. Il reprend l’enseignement dans 『正法眼蔵』「八大人覚」 (Trésor de l’œil de la vraie Loi, « Les huit éveils du grand être »). Ce fascicule, rédigé à Eiheiji en 1253 est le dernier brouillon composé par Dōgen pendant sa maladie. |