桑土綢繆
| Lecture japonaise | そうど ちゅうびゅう |
| Rōmaji | Sōdo Chūbyū |
| Sens | Prendre ses dispositions avant que le danger ou le malheur ne survienne ; prévenir un désastre par une préparation soigneuse.
L’image littérale est celle d’un oiseau qui, avant l’arrivée de la pluie, arrache l’écorce des racines d’un mûrier pour lier et consolider les ouvertures de son nid. Dans le passage ancien, 桑土 désigne la racine de mûrier — plus précisément son écorce dans l’exégèse traditionnelle — et 綢繆 l’action de lier étroitement et de renforcer. |
| Source | Le 語本 remonte au Shijing : le poème « Chi xiao » ne contient pas encore la forme quadrigraphique compacte, mais juxtapose les mots qui la composent dans l’image d’un oiseau renforçant son nid avant la pluie. La forme compacte est attestée plus tard dans la prose de Ye Shi.
1) 『詩経』國風・豳風・鴟鴞 (Shijing, « Airs de Bin — Chi xiao ») 迨天之未陰雨,徹彼桑土,綢繆牖戶。今女下民,或敢侮予。 Avant que le ciel ne s’assombrisse de pluie, j’arrache l’écorce aux racines du mûrier et j’en lie solidement les ouvertures du nid. Alors, parmi vous autres d’en bas, qui oserait m’attaquer ? 2) 葉適 – 『水心集』巻二「除知建康到任謝表」, 南宋 (Ye Shi – Shuixin ji, vol. 2, « Mémoire de remerciement à l’arrivée en fonction à Jiankang »), avant 1223. 觀衣袽濡曳之爻,所宜戒懼;誦桑土綢繆之句,尤在恩勤。 Considérant le trait du vêtement que l’eau commence à mouiller, il convient de rester sur ses gardes ; récitant le vers de la racine de mûrier qui consolide le nid, il faut surtout s’y appliquer avec constance. |
| Niveau Kanken | 1 |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | 桑土綢繆歳月長し、営営として恰も城墻を築くに似たり。
甲賀象(玩鴎) – 『玩鴎先生詠物百首』「蜂巣」, 1783
À consolider et entrelacer leur demeure, de longs mois s’écoulent ; affairées sans relâche, les abeilles semblent bâtir les murailles d’une cité. Kōga Shō (Gangō) – Cent poèmes sur les choses du maître Gangō, « Nid d’abeilles », 1783 |
| Commentaire | L’image n’est pas une pure fantaisie, mais il faut éviter de la prendre au pied de la lettre. Une ancienne description naturaliste, le Mao Shi caomu niaoshou chongyu shu attribué à Lu Ji, présente l’oiseau du poème comme un très petit oiseau au bec pointu qui suspend son nid aux branches et le « coud » avec des herbes et du chanvre. Les rémiz offrent aujourd’hui un parallèle biologique évident : plusieurs espèces construisent des nids pendants avec des tiges déchiquetées, du duvet végétal et d’autres fibres, et certaines renforcent leur attache par des bandes de fibres végétales tressées. Cela montre que tresser des fibres pour solidifier un nid est parfaitement réaliste d'un point de vue zoologique. En revanche, les études ornithologiques modernes citées ne documentent ni l’usage spécifique de l’écorce de racine de mûrier, ni une réparation déclenchée par l’approche de la pluie. Le détail du Shijing semble donc combiner un comportement de nidification plausible avec une mise en scène poétique de la prévoyance. |
| Locutions apparentées | 綢繆未雨 Chūbyū Miu
有備無患 Yūbi Mukan |