相如四壁
| Lecture japonaise | しょうじょ しへき |
| Rōmaji | Shōjo Shiheki |
| Sens | Une extrême pauvreté ; vivre dans le dénuement, au point de n’avoir pour ainsi dire que les quatre murs de sa maison.
Littéralement : « les quatre murs de Xiangru ». Le nom renvoie à Sima Xiangru, dont la pauvreté après sa fuite avec Zhuo Wenjun est devenue proverbiale. |
| Source | La lexicographie japonaise renvoie au 語本 du Shiji. Le texte ancien fournit bien l’image des quatre murs, mais pas encore la locution quadrigraphique compacte. Une attestation exacte ancienne que l’on peut vérifier apparaît ensuite chez Yuan Haowen, au XIIIe siècle.
1) 『史記』巻百十七「司馬相如列伝」 (Shiji, vol. 117, « Biographie de Sima Xiangru ») 文君夜亡奔相如,相如乃與馳歸成都。家居徒四壁立。 Wenjun s’enfuit de nuit pour rejoindre Xiangru ; Xiangru repartit avec elle à Chengdu. Dans sa maison, il n’y avait que quatre murs dressés. 2) 元好問 – 『遺山集』巻十四「王子文琴齋」, XIIIe siècle (Yuan Haowen – Yishan ji, vol. 14, « Le studio de qin de Wang Ziwen », XIIIe siècle) 天上秋風月底霜,求凰一曲鬢絲長。相如四壁消何物,直要文君典鷫鸘。 Vent d’automne dans le ciel, givre sous la lune ; après un air de quête amoureuse, les tempes ont blanchi. Que reste-t-il encore entre les quatre murs de Xiangru ? Il faudra que Wenjun mette en gage le manteau de suhuang. |
| Niveau Kanken | 3 |
| Rareté | 5 – Chinois classique |
| Exemple d’usage | La locution survit à travers la réception du célèbre récit de Sima Xiangru dans le *Shiji*. Elle apparaît donc surtout dans les études des classiques chinois, dans les dictionnaires et dans des exemples pédagogiques fabriqués par des sites dédiés à l'étude des locutions.
1 相如四壁の家に住んでいたともこちゃんが、こんな大豪邸に住むようになるとは驚きだ。 Qui aurait cru que Tomoko, qui vivait dans un dénuement tel qu’elle n’avait pour ainsi dire que quatre murs, finirait par habiter une demeure aussi somptueuse ? Encyclopédie des locutions à quatre caractères – « Shōjo Shiheki »
2 Néanmoins, le 太平記 (des chroniques rédigées au Japon au 14ème siècle) utilise la formule, même si elle y apparaît avec une construction grammaticale légèrement différente: 顔子が一瓢水清して、独道ある事を知るといへ共、相如が四壁風冷して衣なきに堪ず。 『太平記』巻第十七
Quand bien même Yan Hui ne possédait en tout et pour tout que sa calebass et avait accepté le dépouillement qui sied aux hommes vertueux, il ne saurait supporter de vivre dans le dénuement total, à la merci des rafales de vent glacé, et sans même de quoi se vêtir. Taiheiki – Volume 17 |
| Commentaire | Le « Xiangru » de la locution est Sima Xiangru (env. 179–117 av. J.-C.), l’un des grands maîtres du fu sous les Han. Après la mort du prince Xiao de Liang, auprès duquel il avait fréquenté un milieu de lettrés, il revint dans sa région natale du Sichuan sans ressources. À Linqiong, le magistrat Wang Ji le fit inviter chez le riche Zhuo Wangsun. La fille de celui-ci, Zhuo Wenjun, récemment veuve et passionnée de musique, observa Xiangru tandis qu’il jouait du qin pendant le banquet et s’éprit de lui. Xiangru fit ensuite transmettre ses sentiments par l’intermédiaire d’une servante.
Wenjun s’enfuit de nuit pour le rejoindre et le couple partit pour Chengdu. C’est à ce moment précis que naît l’image de la locution : leur maison était si pauvre qu’il n’y avait, selon le récit, « que quatre murs ». Furieux de cette fuite, Zhuo Wangsun refusa d’abord de donner le moindre argent à sa fille. Wenjun proposa alors de retourner à Linqiong. Xiangru vendit ses équipages et le couple acheta un débit de boisson : Wenjun servait au comptoir, tandis que Xiangru travaillait avec les employés et lavait les récipients sur le marché. Pour Zhuo Wangsun, immensément riche, voir sa fille et son gendre ainsi exposés publiquement était une humiliation. Pressé par ses proches, il finit par céder : il donna à Wenjun cent serviteurs, un million de pièces ainsi que les biens provenant de son premier mariage. Le couple retourna alors à Chengdu, acheta terres et maison et devint riche. |