四書五経
| Lecture japonaise | ししょ ごきょう |
| Rōmaji | Shisho Gokyō |
| Sens |
Les Quatre Livres et les Cinq Classiques, c'est-à-dire les neuf ouvrages formant le cœur du canon confucéen traditionnel.
Les Quatre Livres sont : 大学 (« La Grande Étude »), 中庸 (« L'Invariable Milieu »), 論語 (« Les Entretiens ») et 孟子 (« Mencius »). Les Cinq Classiques sont : 易経 (« Le Classique des mutations »), 書経 (« Le Classique des documents »), 詩経 (« Le Classique des vers »), 礼記 (« Le Livre des rites ») et 春秋 (« Les Annales des Printemps et Automnes »). Littéralement : « les quatre livres et les cinq classiques ». |
| Source |
La locution ne provient pas d'un passage classique unique : elle réunit les appellations 四書 (« Quatre Livres ») et 五経 (« Cinq Classiques »).
Le 『日本国語大辞典』 donne comme première attestation japonaise le 『土井本周易抄』, volume III, en 1477 (« Notes sur le Zhouyi, manuscrit Doi ») : 四書五経を学び習て言を以て人の悪を止るが人道の文ぞ。 Étudier les Quatre Livres et les Cinq Classiques et, par la parole, détourner les hommes du mal : voilà ce qui constitue la culture propre à la voie humaine. |
| Niveau Kanken | 4 |
| Rareté | 2 – Littéraire |
| Exemple d'usage |
古来、田舎にて好事なる親が、子供に漢書を読ませ、四書五経を勉強する間に浮世の事を忘れて、変人奇物の評判を成し、生涯、身を持て余したる者は、はなはだ少なからず。
福沢諭吉 – 「小学教育の事」, 1879
Depuis toujours, il n'a pas manqué, dans les campagnes, de parents férus d'érudition qui faisaient lire à leurs enfants les livres chinois et qui, à force de leur faire étudier les Quatre Livres et les Cinq Classiques, leur faisaient oublier les affaires de ce monde, au point qu'ils acquéraient une réputation d'originaux et finissaient par ne plus savoir que faire de leur existence. Fukuzawa Yukichi – « De l'enseignement primaire », 1879
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| Commentaire |
Les deux parties de la locution n'ont pas la même ancienneté.
Les 五経 sont les plus anciens. Dès l'époque des Han, ils constituent le noyau de l'enseignement confucéen et des fonctionnaires appelés 五経博士 sont chargés de leur étude. Jusqu'aux Song, l'érudition confucéenne reste principalement organisée autour de ces cinq classiques. Les 四書 sont constitués beaucoup plus tard. 大学 et 中庸 étaient originellement deux chapitres du 礼記. Sous les Song, 程頤 les met particulièrement en valeur aux côtés du 論語 et du 孟子. 朱熹 consacre ensuite cet ensemble par son 『四書章句集注』, et les Quatre Livres acquièrent dans le néoconfucianisme une autorité qui finit par dépasser celle des Cinq Classiques. L'attestation japonaise de 1477 est particulièrement intéressante parce qu'elle apparaît précisément dans un commentaire du 周易. Le passage explique la notion de 人文, la « culture humaine », évoquée dans le commentaire de l'hexagramme 賁 : étudier les Quatre Livres et les Cinq Classiques et employer la parole pour détourner les hommes du mal y est présenté comme une manifestation de cette culture civilisatrice. |