Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

身言書判

Lecture japonaise しんげん しょはん
Rōmaji Shingen Shohan
Sens Les quatre critères traditionnellement employés sous les Tang pour évaluer un candidat à une fonction administrative :

身 : la stature, l'apparence et la prestance ;

言 : la manière de parler et la qualité de l'expression orale ;

書 : la qualité de la calligraphie ;

判 : la capacité à rédiger convenablement un 判文hanbun, c'est-à-dire un texte de décision administrative ou judiciaire.

Source 欧陽脩・宋祁等『新唐書』巻45「選挙志下」(Ouyang Xiu, Song Qi et al., « Nouveau Livre des Tang », volume 45, « Traité des sélections et examens, seconde partie ») :

凡擇人之法有四:一曰身、二曰言、三曰書、四曰判

Pour choisir les hommes, il existe quatre critères : premièrement la personne ; deuxièmement la parole ; troisièmement l'écriture ; quatrièmement le jugement écrit.

Le texte précise ensuite les qualités recherchées : une apparence imposante pour 身, une expression correcte et persuasive pour 言, une calligraphie vigoureuse et belle pour 書, et une excellente organisation du raisonnement et de la rédaction pour 判.

Niveau Kanken 5
Rareté 3 – Érudit
Exemple d'usage その上更に『身言書判』の人物考査即ち風彩・言語・筆蹟・批判力、に就いての考査を加へ
高木卓 – 『遣唐船』, 1936

À cela s'ajoutait encore l'examen de la personne selon les quatre critères de la prestance, de la parole, de l'écriture et du jugement, autrement dit l'évaluation de l'allure, de la langue, de la calligraphie et de la capacité de discernement.

Takagi Taku – Les Navires des missions vers les Tang, 1936
Commentaire Le texte du 『新唐書』 ne juxtapose pas encore les quatre caractères sous la forme graphique 身言書判 : il énumère successivement 身・言・書・判. La locution fonctionne donc comme une condensation mnémotechnique de ces quatre critères.

Une précision historique est nécessaire : il ne s'agit pas simplement des « quatre épreuves du concours impérial ».

Le 『新唐書』 explique que la sélection des fonctionnaires civils relevait du 吏部ribu, le ministère des Fonctionnaires. Pour les candidats des rangs inférieurs, on examinait d'abord 書 et 判, puis 身 et 言. Les quatre éléments faisaient ainsi partie de la procédure de sélection et d'affectation administrative.

Le quatrième caractère, han, est parfois rendu de manière vague par « jugement » ou « talent littéraire ». Historiquement, il renvoie plus concrètement au 判文hanbun : la rédaction d'une décision sur un cas administratif ou judiciaire. Il fallait démontrer à la fois une bonne intelligence de l'affaire et la capacité de l'exposer dans une prose appropriée.

L'expression a réellement circulé au Japon dans les ouvrages consacrés à l'histoire de la Chine. Son usage demeure cependant fortement savant et historique.

#判 #書 #言 #身 #身言書判