四苦八苦
| Lecture japonaise | しく はっく |
| Rōmaji | Shiku Hakku |
| Sens |
Éprouver toutes sortes de souffrances ; être extrêmement éprouvé ou peiner terriblement à accomplir quelque chose.
À l'origine, terme bouddhique désignant les huit souffrances fondamentales de l'existence humaine. |
| Source |
La notion appartient au vocabulaire bouddhique ancien. Les quatre souffrances fondamentales sont la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort ; quatre autres viennent s'y ajouter pour former les huit souffrances.
La forme exacte 四苦八苦 est attestée très anciennement au Japon dans 『平家物語』「灌頂巻」(« Le Dit des Heike », livre du « Couronnement »), début du XIIIe siècle : 人間の事は愛別離苦・怨憎会苦、共に我身にしられて侍らふ。四苦八苦一つとして残る所さぶらはず。 Quant aux souffrances de ce monde, j'ai éprouvé dans ma propre chair aussi bien celle de la séparation d'avec ceux que l'on aime que celle de la rencontre avec ceux que l'on hait ; des huit souffrances de l'existence, il n'en est pas une seule qui m'ait été épargnée. |
| Niveau Kanken | 5 |
| Rareté | 1 – Courant |
| Exemple d'usage |
四苦八苦を百苦に重ねて死ぬならば、生甲斐のない本人はもとより、傍に見ている親しい人も殺すが慈悲と諦められるかも知れない。
夏目漱石 – 『草枕』, 1906
Si quelqu'un devait mourir après avoir accumulé les huit souffrances et cent autres par-dessus, non seulement celui dont la vie n'a plus aucun agrément, mais même ses proches qui assistent à son supplice pourraient peut-être se résoudre à penser que le tuer serait un acte de compassion. Natsume Sōseki – Oreiller d'herbes, 1906
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| Commentaire |
Les 四苦 sont :
生苦, la souffrance de la naissance ; 老苦, la souffrance de la vieillesse ; 病苦, la souffrance de la maladie ; 死苦, la souffrance de la mort. À celles-ci s'ajoutent quatre autres souffrances pour former les 八苦 : 愛別離苦, être séparé de ceux que l'on aime ; 怨憎会苦, devoir rencontrer ceux que l'on déteste ; 求不得苦, ne pas obtenir ce que l'on désire ; 五蘊盛苦, la souffrance inhérente aux cinq agrégats qui constituent l'existence individuelle. 四苦八苦 ne signifie donc pas « quatre souffrances plus huit autres », mais désigne les quatre souffrances fondamentales puis leur développement en huit souffrances. Le sens profane est ancien au Japon. Le 『日本国語大辞典』 en relève déjà un emploi dans 『曾根崎心中』 de Chikamatsu en 1703, où 四苦八苦 n'est plus seulement le nom technique des huit souffrances bouddhiques, mais exprime une douleur extrême. Aujourd'hui, cette extension est devenue le sens le plus familier, notamment dans la construction 四苦八苦する, « se démener, peiner terriblement ». |
| Locutions apparentées |
七転八倒 shichiten battō
七難八苦 shichinan hakku 千荊万棘 senkei bankyoku 千辛万苦 senshin banku |