窃鈇之疑
| Lecture japonaise | せっぷ の ぎ/うたがい |
| Rōmaji | Seppu no Gi / Utagai |
| Sens |
Soupçonner quelqu’un sans preuve, au point que le préjugé fasse paraître suspects tous ses gestes et toutes ses paroles.
鈇 désigne ici une hache. |
| Variante(s) |
1) 竊鈇之疑 seppu no gi
Graphie traditionnelle avec 竊 pour 窃 ; la forme exacte est attestée sous cette graphie dans un texte des Tang. 2) 窃鈇の疑い seppu no utagai Forme japonisée enregistrée par la lexicographie japonaise. |
| Source |
Le 語本 est 『列子』「説符」 (Liezi, « Explication des signes »).
人有亡鈇者,意其鄰之子,視其行步,竊鈇也;顏色,竊鈇也;言語,竊鈇也。 Un homme avait perdu sa hache et soupçonna le fils de son voisin : sa démarche lui semblait celle d’un voleur de hache, son visage aussi, ses paroles aussi. Le récit-source ne contient pas la locution quadrisyllabique exacte. La plus ancienne attestation exacte que j’ai pu vérifier à ce stade est la graphie traditionnelle 竊鈇之疑 dans 齊映, 「進封章表」 (« Mémoire présenté pour une élévation de titre »), sous les Tang : 慈母有投杼之惑,古人著竊鈇之疑,臣獨何人? Même une mère aimante peut être troublée par des soupçons infondés ; les anciens parlaient bien de cet homme qui soupçonnait, à tort, son voisin d'avoir volé sa hache : qui suis-je donc pour y échapper ? |
| Niveau Kanken | 準1級 |
| Rareté | 5 – Chinois classique |
| Exemple d'usage | Cette locution est connue à travers l'anecdote issu de la source classique chinoise. Elle survit donc dans les commentaires, traductions et annotations de cette source. Vous la retrouverez parfois sur des sites de préparations à l'examen Kanken, avec des exemples fabriqués de toute pièce :
ネットで民主党がだめだ。とかいってる人には窃鈇の疑いに過ぎないと咎めてやるとしよう。 飯匙倩蓬瀛, Luckystarsnake, 530時間目 ~オールラウンド~
Tous ceux qui disent sur Internet que les Démocrates sont des pourris ne valent pas mieux, à mon sens, que l'homme qui accuse son voisin d'avoir volé sa hache. Have Hōei Luckystarsnake, Entrée 530 ~Généraliste~
|
| Commentaire | Certaines sources, comme le dictionnaire officiel du Kanken, parlent plutôt d'une voisine que d'un voisin. Le Liezi parle bien du "fils du voisin" cependant, et les commentaires d'autorité sur l'anecdote y voient bien, sans équivoque, un garçon. Voici l'anecdote complète :
Un homme avait perdu sa hache. Ne sachant pas où elle était passée, il se mit à soupçonner le fils de son voisin de l’avoir volée. Dès lors, lorsqu’il observait le jeune homme marcher, sa démarche lui paraissait exactement celle d’un voleur de hache. Il regardait son visage : c’était le visage de quelqu’un qui avait volé une hache. Il l’écoutait parler : sa façon de parler était celle d’un voleur de hache. Il examinait chacun de ses gestes et chacune de ses attitudes : absolument tout, chez lui, lui paraissait trahir le voleur. Quelque temps plus tard, l’homme retrouva sa hache dans un creux du terrain où il l’avait laissée. Plus tard, il aperçut de nouveau le fils du voisin. Cette fois, dans ses gestes et dans son attitude, plus rien du tout ne lui sembla être celui d’un voleur de hache. |