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碩学鴻儒

Lecture japonaise せきがく こうじゅ
Rōmaji Sekigaku Kōju
Sens Un grand savant d’une érudition profonde ; plus particulièrement, un maître éminent de la tradition confucéenne.

Littéralement, 碩学sekigaku désigne une érudition vaste et profonde ou un savant éminent, tandis que 鴻儒kōju désigne un grand lettré confucéen, par extension un savant d’une profonde érudition.

Variante(s) 1) 碩學鴻儒せきがくこうじゅ Sekigaku Kōju

早くより國内一般に假名のみの文を使用し居りしならんには、碩學鴻儒といへども亦之を普通用に爲しゝならん。

三宅雪嶺「國字を論す」『太陽』, 1895

Si, depuis longtemps, on avait généralement employé dans le pays des textes écrits uniquement en kana, même les plus grands savants et maîtres confucéens en auraient sans doute fait un usage ordinaire.

Miyake Setsurei, « De l’écriture nationale », Taiyō, 1895
Source Une attestation exacte ancienne de la formule se trouve en Chine au début du VIIIe siècle. Au Japon, elle est déjà employée de manière autonome à la fin de l’époque d’Edo.

1) 蘇安恆「請復位皇太子疏」 (Su Anheng, « Requête demandant de rétablir le prince héritier »), 701

臣山中一草萊耳,無擊鍾鼎食之榮,有碩學鴻儒之業。

Votre serviteur n’est qu’un homme du commun retiré dans les montagnes : il n’a pas l’honneur de festoyer au son des cloches, mais possède le savoir d’un grand érudit et d’un maître confucéen.

2) 松浦静山Matsura Seizan『甲子夜話三篇Kasshi Yawa Sanpen』五 (Matsura Seizan, Kasshi Yawa Sanpen, vol. 5), 1821–1841

いつしか目も労れ気も倦て、夢となく幻となく、恍惚たる折ふし、或る方へ招かれ、いと広き座敷に至りければ、碩学鴻儒とおぼしき人々、数十人集会し、色々の物語し侍りける

À force, mes yeux se fatiguèrent et mon esprit se lassa ; dans un état de ravissement, qui n’était ni tout à fait rêve ni tout à fait vision, je fus invité quelque part et parvins dans une très vaste salle, où plusieurs dizaines d’hommes qui paraissaient être de grands savants et d’éminents lettrés étaient réunis et échangeaient toutes sortes de récits.

Niveau Kanken Absent
Rareté 3 – Érudit
Exemple d’usage 古来宗教家道徳家といふやうな人に碩学鴻儒が沢山輩出して、道を教へ法を立てましたけれど、畢竟それは修身……即ち身を修めるといふ事の一事に尽きてゐるだらうと思ひます。
渋沢栄一「処世の要は忠恕のみ」『竜門雑誌』第300号, 1913年5月

Depuis les temps anciens, nombre de grands savants et maîtres confucéens sont apparus parmi les religieux et les moralistes, enseignant la voie et établissant des règles ; mais je pense qu’en définitive tout cela se ramène à une seule chose : se former soi-même.

Shibusawa Eiichi, « Shosei no yō wa chūjo nomi », Ryūmon zasshi, no 300, mai 1913
Commentaire Le vocabulaire qui entoure cette locution appartenait déjà à la culture savante de la cour bien avant que la formule de quatre caractères ne soit attestée au Japon. En 835, le 続日本後紀Shoku Nihon Kōki rapporte qu’au lendemain d’un 釈奠sekiten, cérémonie confucéenne en l’honneur de Confucius et de ses disciples, l’empereur fit monter au 紫宸殿Shishinden des savants et les fit débattre. Le texte emploie notamment 碩儒sekiju, « grand érudit », terme voisin à la fois de 碩学sekigaku et de 鴻儒kōju.

Les dictionnaires historiques donnent 碩学sekigaku dans le 続日本紀Shoku Nihongi dès 758 et 鴻儒kōju dans le 菅家後集Kanke Kōshū vers 903. La locution 碩学鴻儒Sekigaku Kōju réunit donc deux mots qui avaient déjà, séparément, une longue histoire dans le japonais savant et le kanbun de cour.

Locutions apparentées 通儒碩学つうじゅせきがく Tsūju Sekigaku

碩学大儒せきがくたいじゅ Sekigaku Taiju

碩学通儒せきがくつうじゅ Sekigaku Tsūju

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