三三九度
| Lecture japonaise | さんさん くど |
| Rōmaji | Sansan Kudo |
| Sens | Rite japonais d’échange cérémoniel de coupes de saké, aujourd’hui surtout pratiqué lors du mariage pour sceller l’union des époux.
Littéralement, 三三 (« trois fois trois ») et 九度 (« neuf fois ») renvoient au nombre rituel des prises : trois coupes de tailles différentes, utilisées suivant une succession de trois gestes ou prises chacune. Le détail de la cérémonie varie selon les traditions. Autrefois, ce rite ne se limitait pas aux noces et accompagnait également d’autres occasions solennelles. |
| Variante(s) | 1) 三三九ど Sansan Kudo
2) さんさん九度 Sansan Kudo 祝ふて三度しゃんしゃんと手拍子に口拍子、仕合わせ拍子のさんさん九度 近松門左衛門『山崎与次兵衛寿の門松』下、1718年
On célèbre l’événement en marquant trois fois la cadence des mains et de la voix, au rythme du bonheur : voilà l'échange des coupes nuptiales. Chikamatsu Monzaemon, Yamazaki Yojibē Nebiki no Kadomatsu, troisième partie, 1718 |
| Source | Cette expression appartient aux usages cérémoniels du Japon. Elle s’inscrit dans l’histoire des 三献, séries de coupes échangées lors de réceptions et d’événements solennels, avant de se spécialiser progressivement dans le mariage. Il ne s’agit pas d’un chengyu issu d’un texte classique chinois.
L’une des attestations les plus anciennes relevées par la lexicographie japonaise se trouve dans un récit médiéval, sous la graphie mixte 三三九ど. 『曾我物語』巻八「箱根にて暇乞の事」(Soga monogatari, vol. VIII, « Adieux à Hakone », époque des cours du Nord et du Sud) 酒取出して、三三九ど勧め給ひつつ Ils firent apporter du saké et l’offrirent suivant le rite des 3 coupes… |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 1 – Courant |
| Exemple d’usage | 1) 丸官はんの方もな、私が身に替えて、承知させた……三々九度やさかい、ああした我ままな、好勝手な、朝云うた事は晩に変えやはる人やけど、こればかりは、私が附いているよって、承合うて、どないしたかて夢にはせぬ。
泉鏡花『南地心中』、1912年1月
Quant à Marukan, c’est moi qui lui ai fait donner son consentement, en engageant ma propre personne… Puisqu’il s’agit de sceller ce mariage, cet homme a beau être capricieux, n’en faire qu’à sa tête et dédire le soir ce qu’il a promis le matin, cette fois, je suis là pour y veiller. Je m’en porte garante : quoi qu’il arrive, je ne laisserai pas ce mariage s’évanouir comme un rêve. Izumi Kyōka, Suicide amoureux à Nanchi, janvier 1912
2) 新郎新婦には三三九度の作法で盃を交わされた後、ご神前で力強く誓詞を奏上されました Après avoir échangé les coupes selon le rite des coupes nuptiales, les mariés ont prononcé avec force leurs vœux devant la divinité. Sanctuaire Ōgamiyama, « Premier mariage shinto au sanctuaire intérieur depuis sa reconstruction », 15 avril 2025 |
| Commentaire |
Au cours d’un mariage shinto, une 巫女 présente aux époux trois coupes de tailles croissantes, généralement disposées les unes sur les autres, et y verse du 御神酒, le saké offert aux divinités. Dans la forme traditionnelle du rite, la petite coupe passe du marié à la mariée, puis revient au marié ; pour la coupe moyenne, l’ordre s’inverse : mariée, marié, mariée ; enfin, la grande coupe circule de nouveau du marié à la mariée, puis au marié. On compte ainsi neuf présentations de coupe. Le geste de boire obéit lui aussi à un rythme ternaire : les deux premières fois, on porte simplement la coupe aux lèvres ; à la troisième, on prend une gorgée. Une personne ne buvant pas d’alcool peut se contenter de toucher le saké des lèvres. Les nombres trois et neuf, tous deux impairs, sont traditionnellement considérés comme propices, tandis que le partage d’un saké consacré exprime l’engagement des époux devant les divinités. De nos jours, beaucoup de sanctuaires pratiquent une version abrégée : la petite coupe est présentée au marié puis à la mariée, la moyenne à la mariée puis au marié, et la grande de nouveau au marié puis à la mariée. Cela fait six transmissions au lieu de neuf, bien que l’on continue d’appeler couramment la cérémonie 三三九度. Elle peut être suivie du 親族盃の儀, au cours duquel les membres des deux familles partagent à leur tour le saké pour marquer leur nouvelle parenté. |