Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

三衣一鉢

Lecture japonaise さんえ/さんね いっぱち
Rōmaji San'e (Sanne) Ippachi
Sens Les trois robes et l’unique bol constituant l’équipement personnel minimal du moine bouddhiste ; par extension, l’extrême simplicité matérielle de la vie monastique.

三衣san'e désigne les trois vêtements réglementaires ; 一鉢ippachi, le bol utilisé notamment pour recevoir la nourriture lors de l’aumône.

Source La formule appartient au vocabulaire ancien de la discipline monastique bouddhique. Dans un passage canonique consacré à la conduite du renonçant, celui-ci abandonne richesses et attachements pour ne conserver que le strict minimum :

但持三衣一鉢,餘無所有。

宋・施護等訳 – 『佛説大堅固婆羅門緣起經』巻下, 大正新脩大蔵経 T0008, 1.211b

Il ne garde que les trois robes et un bol, et ne possède rien d’autre.

Dānapāla (Shi Hu) et collaborateurs – Dàjiāngù Póluómén Yuánqǐ Jīng, rouleau inférieur, Taishō Tripiṭaka T0008, 1.211b

Ces objets symbolisent l’idéal de dépouillement du religieux.

Niveau Kanken Absent
Rareté 4 – Marginal
Exemple d’usage 亦、三衣一鉢をそら具へず。況や、其の外の物を貯る事有むや。
『今昔物語集』巻第十三・第二十四「一宿聖人行空誦法花語」, vers 1120

Il ne possédait même pas de quoi se vêtir et recevoir l'aumône ; à plus forte raison, comment aurait-il pu amasser d’autres biens ?

Konjaku monogatari-shū, livre XIII, récit 24, vers 1120
Commentaire L’image est d’abord très concrète. Les trois vêtements réglementaires sont 安陀会Andae, porté comme vêtement inférieur, 鬱多羅僧Uttarasō, porté au-dessus, et 僧伽梨Sōgyari, la grande robe. Le bol complète cet équipement parce que le renonçant reçoit sa nourriture par l’aumône ; n’en posséder qu’un seul exprime aussi une limitation volontaire des besoins.

La tradition bouddhique justifie les vêtements à la fois par la protection contre les insectes et les intempéries et par la nécessité de couvrir le corps : le dépouillement consiste à posséder juste ce qui est nécessaire.

La robe et le bol ont ensuite acquis une seconde valeur, symbolique. Parce qu’ils pouvaient matérialiser la transmission du maître au disciple, 衣鉢ihatsu en est venu à désigner l’enseignement ou l’héritage reçu ; de là le tour 衣鉢を継ぐihatsu o tsugu, « hériter de la robe et du bol », c’est-à-dire reprendre l’enseignement, l’art ou le savoir-faire d’un prédécesseur.

Locutions apparentées 衣鉢相伝いはつ そうでん Ihatsu Sōden

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