六十耳順
| Lecture japonaise | ろくじゅう じじゅん |
| Rōmaji | Rokujū Jijun |
| Sens | À soixante ans, parvenir à comprendre les paroles d’autrui sans résistance et à accueillir avec naturel des opinions différentes.
Par extension, la locution évoque l’âge de soixante ans comme une étape de maturité morale. Littéralement : « à soixante ans, l’oreille devient docile ». 六十 désigne « soixante [ans] » et 耳順 l’état où l’oreille « suit », c’est-à-dire où l’on peut entendre et recevoir ce qui est dit sans réaction de rejet. |
| Source | 1) Le 語本, c’est-à-dire le passage-source dont procède la locution, est le célèbre bilan autobiographique attribué à Confucius dans le Lunyu. Le texte ancien ne contient pas la forme compacte à quatre caractères : il emploie la formulation de cinq caractères reproduite ci-dessous.
『論語』「為政」第二・四 (Lunyu, « Wei zheng », II, 4) 子曰、吾十有五而志于學。三十而立。四十而不惑。五十而知天命。六十而耳順。七十而從心所欲、不踰矩。 Le Maître dit : « À 15 ans, je résolus de me consacrer à l’étude ; à 30 ans, je me tins fermement établi ; à 40 ans, je n’eus plus de perplexités ; à 50 ans, je connus le mandat du Ciel ; à 60 ans, mon oreille devint docile ; à 70 ans, je suivis les désirs de mon cœur sans transgresser la règle. » 2) La plus ancienne attestation exacte actuellement documentée est un 漢文 composé au Japon par 源英明 (mort en 939) et transmis dans le 本朝文粋, anthologie compilée vers 1060. 源英明『孫弘布被賦』、『本朝文粋』巻一 (Minamoto no Fusaakira, Honchō Monzui, vol. I) 六十耳順,待詔陪於金門。三公職高,執謙臥於布被。 À soixante ans, âge moral, il servit comme lettré en attente des ordres impériaux auprès de la Porte d’Or. Élevé à la haute dignité des Trois Ducs, il restait humnle et se dormait sous une couverture de toile. |
| Niveau Kanken | 4 |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | 「六十耳順」は難聴が進んでも、よく聞けるように“神”が仕組んだと納得した!
J'ai réalisé que lorsque l'on dit « à soixante ans, l’oreille devient docile », c'est que « Dieu » a fait en sorte que l’on puisse continuer à bien entendre même lorsque l’audition baisse ! Kugai Tadao – « Rokujū Jijun », Okinawa Ihō, vol. 55, no 1, janvier 2019 |
| Commentaire | En 1935, 松永安左ヱ門, grande figure de l’industrie électrique japonaise et important collectionneur d’art, se mit à la pratique du thé à l’âge de soixante ans. Il adopta alors le nom de 耳庵, littéralement « ermitage de l’oreille », en référence à la formule de Confucius.
Le choix du nom est attesté à la fois par la ville d’Odawara et par la base patrimoniale du musée municipal de Niiza. La locution se rencontre surtout sous sa forme développée 六十にして耳に順う et les variations y relatives. |
| Locutions apparentées | 五十知命 Gojū Chimei
三十而立 Sanjū Jiritsu 四十不惑 Shijū Fuwaku 十五志学 Jūgo Shigaku |