落英繽紛
| Lecture japonaise | らくえい ひんぷん |
| Rōmaji | Rakuei Hinpun |
| Sens | Des fleurs ou des pétales détachés de leurs branches qui se dispersent et voltigent en abondance. La locution évoque un paysage printanier couvert de pétales, particulièrement dans la tradition poétique et descriptive issue de la Chine.
Littéralement : « pétales tombés, éparpillés en grand nombre ». 落英 désigne les fleurs ou les pétales tombés ; 繽紛, leur dispersion abondante et animée. |
| Source | La locution apparaît dans le célèbre récit de Tao Yuanming, au début du Ve siècle. Un pêcheur y découvre, en remontant une rivière bordée de pêchers, l’entrée d’un village dissimulé au monde extérieur.
陶潛『桃花源記』 (Tao Yuanming, « Récit de la source aux fleurs de pêcher », début du Ve siècle) 忽逢桃花林,夾岸數百步,中無雜樹,芳草鮮美,落英繽紛。 Soudain, il rencontra un bois de pêchers longeant les deux rives sur plusieurs centaines de pas ; nul autre arbre ne s’y mêlait, les herbes étaient fraîches et odorantes, et les pétales tombés voletaient à profusion. |
| Niveau Kanken | 1 |
| Rareté | 3 – Érudit |
| Exemple d’usage | 須臾天陰風起、落英繽紛。遊人匆忙散去。而暮鐘之聲、沈沈度花間。
塩谷宕陰『遊墨水記』、1865年
Peu après, le ciel s’assombrit et le vent se leva ; les pétales se dispersèrent en tourbillons. Les promeneurs s’éloignèrent précipitamment, tandis que la cloche du soir résonnait sourdement parmi les fleurs. Shionoya Tōin, Yūbokusui ki (« Récit d’une promenade le long de la Sumida »), 1865 |
| Commentaire | Le langage des fleurs forme une part essentielle du vocabulaire saisonnier du haïku. Dans cette poésie, le simple mot 花, « fleur », évoque ordinairement les fleurs de cerisier au printemps. Matsuo Bashō en tire une image célèbre : 花の雲, « nuage de fleurs ». Son vers « 花の雲鐘は上野か浅草か » associe la masse blanche des cerisiers en pleine floraison au son lointain d’une cloche, peut-être celle d’Ueno, peut-être celle d’Asakusa. |
| Locutions apparentées | 落花繽紛 Rakka Hinpun |