落花流水
| Lecture japonaise | らっか りゅうすい |
| Rōmaji | Rakka Ryūsui |
| Sens | Les fleurs qui tombent et l’eau qui s’écoule. L’image évoque d’abord le printemps finissant, le passage du temps et le déclin. Elle peut aussi désigner une affection réciproque : une fleur souhaite se laisser porter par le courant, tandis que l’eau accueille et emporte la fleur.
Littéralement : « fleurs tombées, eau courante ». 落花 désigne les fleurs détachées de leur tige ; 流水, l’eau qui poursuit son cours. |
| Variante(s) | 流水落花 Ryūsui Rakka |
| Source | Le poète chinois Gao Pian, sous les Tang, emploie la locution dans un paysage de retraite où fleurs emportées et eaux courantes indiquent le chemin d’un lieu à l’écart du monde.
『訪隱者不遇』高駢 (Gao Pian, « Visite infructueuse à un ermite », dynastie Tang) 落花流水認天台,半醉閑吟獨自來。 À travers les fleurs tombées que charrie l’eau, je reconnais la voie du mont Tiantai ; à demi ivre, je viens seul, murmurant tranquillement des vers. |
| Niveau Kanken | 5 |
| Rareté | 3 – Érudit |
| Exemple d’usage | 来るものは無意無心の春夏秋冬落花流水ちりて流れて寄せ返る波の年亦た一年。
樋口一葉『別れ霜』、1892年
Les saisons se succèdent sans pensée ni volonté ; les fleurs tombent, les eaux s’écoulent, et les années passent, comme des vagues qui viennent et se retirent. Higuchi Ichiyō, Wakarejimo (« Le Givre des adieux »), 1892 |
| Commentaire | Dans l’art décoratif et le vocabulaire poétique japonais, les pétales de cerisier portés par l’eau ont donné naissance à une autre image, celle du 花筏, le « radeau de fleurs ». Les pétales accumulés à la surface d’un cours d’eau se rejoignent en longues bandes flottantes, semblables à de petites embarcations. Ce motif se rencontre aussi bien dans les haïkus de la fin du printemps que dans les tissus et les papiers imprimés. |
| Locutions apparentées | 落英繽紛 Rakuei Hinpun |