Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

来者可追

Lecture japonaise らいしゃ は おうべし
Rōmaji Raisha wa Ōbeshi
Sens Le passé ne peut plus être changé, mais ce qui est à venir peut encore être corrigé, poursuivi ou amélioré.

La lecture japonaise développe la formule en 来者は追うべしraisha wa ōbeshi. Le mot 来者raisha désigne ici ce qui vient, c’est-à-dire l’avenir et les actes encore possibles ; 追うō a le sens de rattraper, poursuivre ou reprendre à temps.

Variante(s) 來者可追らいしゃはおうべし raisha wa ōbeshi

Graphie traditionnelle utilisant らい pour らい. C’est notamment la graphie des témoins chinois anciens et de la forme lexicographique traditionnelle.

Source 1) Le 語本gohon se trouve dans 『論語』「微子」 (Entretiens de Confucius, « Weizi »). Le texte-source contient un caractère supplémentaire, « encore » : la vedette quadrigraphique est donc une condensation de cette formule, et non sa reproduction littérale.

往者不可諫,來者猶可追。

Ce qui est passé ne peut plus être repris ; ce qui est à venir peut encore être rattrapé.

2) La plus ancienne attestation exacte que j’ai pu vérifier à ce stade apparaît sous les Song du Nord chez 秦觀 (Qin Guan), dans 『淮海集』「代蘄州守謝上表」 (Recueil de Huaihai, « Mémoire de remerciement rédigé pour le gouverneur de Qizhou ») :

辨之不早,嗟已迫於桑榆;來者可追,幸未填於溝壑。

Je ne m’en suis pas avisé assez tôt et, hélas, me voici déjà arrivé au soir de la vie ; mais ce qui est à venir peut encore être rattrapé, et heureusement je ne suis pas encore tombé dans le fossé.

Niveau Kanken Absent
Rareté 4 – Marginal
Exemple d’usage 太湖滔滔鯉魚肥 来者可追往者非 三千六百十年釣 釣釣天真知者稀
服部南郭 – 「釣客行」, 『日本古典文学全集』86『日本漢詩集』, p. 375

Le lac Taihu étend au loin ses eaux, et les carpes y sont grasses ; ce qui vient peut encore être réparé, tandis que ce qui s’en est allé restera dans l’erreur. Trois mille six cent dix années à pêcher : parmi ceux qui pêchent encore et encore, rares sont ceux qui connaissent la spontanéité du Ciel.

Hattori Nankaku – « Chant du pêcheur », Anthologie de poésie chinoise japonaise, dans Nihon Koten Bungaku Zenshū 86, p. 375
Commentaire Le sens aujourd’hui associé à 来者可追raisha wa ōbeshi — « l’avenir peut encore être réparé » — est plus général que la situation originelle des Entretiens. Dans le commentaire de Zhu Xi, la phrase adressée à Confucius par le « fou de Chu » Jieyu est expliquée très concrètement : « ce qui est à venir peut encore être poursuivi » signifie qu’il est encore temps pour Confucius de se retirer et de se cacher, plutôt que de continuer à servir dans un monde politique dangereux.

La formule s’est donc progressivement détachée de ce conseil de retrait pour devenir une maxime d’encouragement : le passé est irréversible, mais l’avenir peut encore être changé. C’est ce sens élargi que donnent aujourd’hui aussi bien la lexicographie japonaise que les dictionnaires chinois contemporains.

Locutions apparentées 来事可追らいじはおうべし raiji wa ōbeshi

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