奴僕三昧
| Lecture japonaise | ぬぼく ざんまい |
| Rōmaji | Nuboku Zanmai |
| Sens | « Samādhi du serviteur » : état contemplatif dans lequel les messagers des bouddhas, des bodhisattvas ou des rois de science se mettent à leur service et accomplissent les tâches qui leur sont confiées. La notion est particulièrement associée à Fudō Myōō, qui prend l’apparence humble d’un serviteur afin d’œuvrer au salut des êtres.
奴僕 désigne un serviteur ; 三昧 conserve ici son sens bouddhique de « samādhi, profond recueillement », et non son sens courant d’activité à laquelle on s’adonne sans retenue. |
| Variante(s) | Aucune variante attestée. |
| Source | 1) La plus ancienne attestation exacte vérifiée au cours de cette recherche figure chez 丁福保 (Ding Fubao), dans le 『佛學大辭典』 (Grand Dictionnaire du bouddhisme), publié en 1922 :
〖奴僕三昧〗(術語)諸尊諸明王等使者辨事之三昧也。 « Samādhi du serviteur » : terme désignant le samādhi dans lequel les messagers des vénérables et des rois de science mènent à bien leurs tâches. 2) Le fondement doctrinal de l’image est plus ancien. Le 『底哩三昧耶不動尊威怒王使者念誦法』, traduit sous les Tang par 不空 (Amoghavajra, 705–774), décrit le vœu de Fudō Myōō de servir les pratiquants : 此尊本願。大悲捨身奉侍一切持誦者。身如奴僕現無一目相。 Le vœu originel de ce Vénérable est, par grande compassion, de se dévouer au service de tous ceux qui récitent les formules ; son corps est semblable à celui d’un serviteur et il manifeste l’apparence d’un être privé d’un œil. 『底哩三昧耶不動尊威怒王使者念誦法』, Taishō shinshū daizōkyō, vol. 21, no 1200, p. 10c1–c4 |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | お不動様が奴僕三昧と言って行者にどこまでも御給仕する仏様なのに対し、王様の三昧にいる明王です。
金翅鳥院 – 「愛染明王」, 『金翅鳥院のブログ』, 2015
Alors que Fudō est un bouddha qui, dans ce que l’on appelle le « samādhi du serviteur », se met entièrement au service du pratiquant, ce roi de science demeure quant à lui dans le samādhi d’un souverain. Konjichōin – « Aizen Myōō », Blog de Konjichōin, 2015 |
| Commentaire | La formule appartient au vocabulaire technique du bouddhisme ésotérique. Elle condense un trait paradoxal de 不動明王 : bien qu’il soit une manifestation souveraine de la puissance bouddhique, il adopte une apparence humble et se comporte comme un serviteur.
Le terme exact semble être une cristallisation lexicographique relativement tardive d’une représentation beaucoup plus ancienne. Dans une présentation contemporaine, le temple Naritasan de Sendai interprète cette attitude comme l’enseignement que le service concret de tous les êtres constitue une voie vers l’Éveil. |