無為無知
| Lecture japonaise | むい むち |
| Rōmaji | Mui Muchi |
| Sens | Ne rien faire et ne rien savoir ; être dépourvu d'initiative et de connaissances. La locution peut également désigner, dans une interprétation spirituelle, une attitude de non-agir et de détachement du savoir intellectuel.
Littéralement, « absence d'action et absence de savoir ». 無為 signifie ici « inaction » dans l'acception péjorative, mais peut désigner le non-agir de la pensée taoïste ; 無知 signifie « ignorance », ou, dans certaines interprétations philosophiques, l'affranchissement d'un savoir discursif. Les deux membres conservent ainsi une possibilité d'interprétation différente selon le contexte. |
| Source | Aucun texte classique n'est établi comme origine certaine de la forme quadrisyllabique 無為無知. Le troisième chapitre du Daodejing rapproche néanmoins les notions d'absence de savoir et de non-agir ; il constitue un antécédent philosophique possible, sans attester la locution exacte.
『老子』第三章 (Daodejing, chap. III) 常使民無知無欲。使夫智者不敢為也。為無為,則無不治。 Faire constamment en sorte que le peuple soit sans savoir et sans désir ; que les personnes habiles ne se hasardent pas à intervenir. Pratiquer le non-agir : ainsi, rien ne reste sans gouvernement. |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | そんな恐ろしい流れを止めるためには、一般市民の「無為無知」を深めていかなくてはならない。そこにこそ、瞑想の意義がある。
「無為無知のススメ」『神即〈いのち〉、〈いのち〉即感謝』 (記事)
Pour enrayer une évolution aussi inquiétante, il faut approfondir chez les citoyens ordinaires le non-agir et le détachement du savoir. C'est là précisément que réside la signification de la méditation. « Pour une pratique du non-agir et du non-savoir », blog « Dieu est la vie, et la vie appelle la gratitude » |
| Commentaire | Le taoïsme a développé une réflexion sur les limites de la connaissance et sur les effets de l'intervention humaine. Au chapitre 48 du Daodejing, Laozi oppose l'étude, qui accumule chaque jour de nouveaux acquis, à la recherche de la Voie, qui demande au contraire un dépouillement progressif. Ce mouvement conduit au 無為, le « non-agir » : agir sans imposer aux choses des volontés et des calculs qui contrarient leur cours. Le texte résume ce paradoxe par la formule « 無為而無不為 » : « par le non-agir, rien ne demeure inaccompli ».
Le Zhuangzi explore une discipline comparable à travers le 心斎, le « jeûne du cœur-esprit ». Dans le chapitre « Le monde des hommes », il invite à suspendre les jugements habituels et à rendre l'esprit disponible à ce qui se présente. Le non-savoir désigne alors une distance prise avec les certitudes et les distinctions qui gouvernent ordinairement notre perception. Cette disponibilité intérieure permet de répondre aux situations sans chercher à les plier d'avance à ses propres catégories. |
| Locutions apparentées | 無為無策 Mui Musaku
無為無能 Mui Munō 無学無能 Mugaku Munō |