三日坊主
| Lecture japonaise | みっか ぼうず |
| Rōmaji | Mikka Bōzu |
| Sens | Personne qui abandonne rapidement ce qu’elle a entrepris ; par extension, résolution ou activité qui ne dure pas.
Littéralement : « moine de trois jours ». L’image traditionnelle est celle d’un novice qui entre en religion mais renonce presque aussitôt à l’ascèse. |
| Variante(s) | Aucune variante attestée. |
| Source | La locution est japonaise : elle ne provient pas d’un texte classique chinois. La plus ancienne attestation exacte retrouvée au cours de cette recherche figure dans le 『崑山集』 (Recueil de Konzan), recueil de haïkaï publié en 1651. Le vers joue sur le début du mois, la tonsure et l’image comique du « moine de trois jours » :
月頭それるは三日坊主かな〈貞則〉 « Au début du mois, la tête se rase : serait-ce un moine de trois jours ? » 貞則 – 『崑山集』巻十「秋」, 1651
Auteur signé « 貞則 » – Recueil de Konzan, vol. 10, « Automne », 1651 |
| Niveau Kanken | 4 |
| Rareté | 1 – Courant |
| Exemple d’usage | いったい煩悶と云う言葉は近頃だいぶはやるようだが、大抵は当座のもので、いわゆる三日坊主のものが多い。そんな種類の煩悶は世の中が始まってから、世の中がなくなるまで続くので、ちっとも問題にはならないでしょう
夏目漱石 – 『野分』, 1907
Le mot « anxiété » est, paraît-il, très à la mode ce moment ; mais il ne désigne le plus souvent qu’un état passager, et beaucoup de ces tourments disparaissent aussitôt qu'ils apparaissent. Ce genre de tourment existe depuis que le monde est monde et continuera jusqu’à sa disparition ; il ne constitue donc nullement un problème. Natsume Sōseki – Nowaki, 1907 |
| Commentaire | Dans cette locution, 三日 ne désigne pas nécessairement trois jours au sens strict : le mot symbolise une durée dérisoirement courte. La formule peut donc qualifier aussi bien une personne volage qu’une habitude, une résolution ou un apprentissage promptement abandonné. Ce qui est assez exceptionnel, est ce passage chez Natsume Sōseki ci-dessous, où l'auteur utilise la locution pour désigner un sentiment, ou une mode, ce qui n'est pas l'usage le plus courant, et de loin. |
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