磨穿鉄硯
| Lecture japonaise | ません てっけん |
| Rōmaji | Masen Tekken |
| Sens | Persévérer dans l’étude avec une détermination inflexible ; poursuivre un objectif sans renoncer malgré les difficultés.
Littéralement, « user une pierre à encre faite en efer jusqu’à la percer ». 磨穿 signifie « user par frottement jusqu’à trouer » et 鉄硯 désigne une pierre à encre en fer. |
| Variante(s) | 1) 磨穿鐵硯 Masen Tekken
2) 鉄硯磨穿 Tekken Masen |
| Source | 1) 『新五代史』巻二十九「晋臣伝・桑維翰」(Xin Wudai shi, vol. 29, « Biographie de Sang Weihan »)
又鑄鐵硯以示人曰:「硯弊則改而佗仕。」卒以進士及第。 Il fit fabriquer une pierre à encre de fer et déclara en la montrant : « C’est seulement lorsque cette pierre à encre sera usée que je changerai de vocation. » Il réussit finalement le concours de lettré. 2) 朱淑真「書懷」『古今女史』巻五(Zhu Shuzhen, « Écrire ses sentiments », dans Gujin nüshi, vol. V) 女子弄文誠可罪,那堪詠月更吟風。磨穿鐵硯非吾事,繡折金針卻有功。 Qu’une femme s’adonne aux lettres passe déjà pour une faute ; comment pourrait-elle en outre chanter la lune et le vent ? Étudier jusqu'à en percer mon encrier n’est pas mon affaire ; c’est à force de broder et d’user mes aiguilles que je puis faire mes preuves. Attribué à une poétesse des Song, ce vers contient la forme exacte en caractères traditionnels. Sa transmission est vérifiable dans une anthologie compilée sous les Ming. 3) 范康『陳季卿誤上竹葉舟』第一折, texte transmis par 『元曲選』(Fan Kang, Le Bateau de feuilles de bambou, acte I, version du Yuanqu xuan) 坐破寒氈,磨穿鐵硯,自誇經史如流。拾他青紫,唾手不須憂。 J’ai usé à force de m’asseoir le feutre de ma pauvre chambre et percé ma pierre à encre à force de travail ; je me targue de connaître sur le bout des doigts les Classiques et les livres d’histoire. Obtenir les insignes d’une charge officielle ? Il n’y aurait qu’à tendre la main. La pièce remonte aux Yuan, mais cette citation provient de la version éditée sous les Ming par Zang Maoxun. |
| Niveau Kanken | pré-1 |
| Rareté | 3 – Érudit |
| Exemple d’usage | 1) 磨穿鉄硯です。お世話になっている病院の先生からもらった言葉でずっと大事にしています。強い意志を持ち続けて一つの目標を達成するまで頑張ります。
坂本裕哉「将来はチームのエースに」『立命館大学新聞』2020年2月3日(article)
« Étudier à en percer mon encrier. » Voilà une devise que m'a donnée mon mentor durant mes études de médecine, et que je garde précieusement depuis. Je continuerai de travailler avec une volonté ferme jusqu’à réaliser mon objectif. Yuya Sakamoto, entretien « À l’avenir, devenir l’as de l’équipe », Ritsumeikan University Press, 3 février 2020
2) 磨穿鉄硯(ませんてっけん)という言葉があります。強い意志をもち、自分で考え続け、学問にたゆまず励む重要性を言い表しております。 金沢大学長「令和7年度 金沢大学入学宣誓式 学長告辞」2025年4月4日(discours)
Il existe une expression qui signifie « trouer sa pierre à encre à force de travail ». Elle souligne l’importance d’une volonté ferme, de la réflexion personnelle et d’un effort inlassable dans les études. Président de l’université de Kanazawa, allocution aux nouveaux étudiants, 4 avril 2025 |
| Commentaire | L'origine de la locution évoque les études qui mènent à passer le très prestigieux concours impérial pour devenir fonctionnaire d'État. Sous les dynasties Ming et Qing, les concours impériaux constituaient la principale voie d'accès aux fonctions administratives de l'Empire. Ce système, appelé 科挙 au Japon, sélectionnait les lettrés à plusieurs échelons. Après des examens locaux, les candidats pouvaient se présenter au concours provincial, organisé en principe tous les trois ans. Les reçus poursuivaient leur parcours à la capitale, avec le concours métropolitain puis l'examen du palais. Le classement ouvrait des perspectives de carrière, parfois jusqu'à une magistrature locale, sans garantir à chaque lauréat une nomination immédiate.
Sous les Qing, les épreuves provinciales comportaient trois sessions, fixées aux 9, 12 et 15 du huitième mois lunaire. Pour chacune, le candidat entrait dès la veille dans l'enceinte du concours, après une fouille destinée à déjouer les fraudes. Il s'installait dans une cellule individuelle étroite, y écrivait ses compositions et y passait la nuit, avant de remettre sa copie et de sortir le troisième jour. Les copies étaient anonymisées et recopiées à l'encre rouge avant d'être évaluées. Le programme portait sur les Quatre Livres et les Cinq Classiques confucéens, sur la composition littéraire très codifiée et sur des questions de gouvernement. Des années de préparation et de coûteux déplacements pouvaient n'aboutir à aucun succès ; certains lettrés renouvelaient leurs tentatives toute leur vie. Le prestige attaché à une réussite explique pourquoi tant de familles consacraient leurs ressources à cette longue formation. Le système fut finalement aboli en 1905. |
| Locutions apparentées | 坐破寒氈 Zaha Kansen |