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巧偽拙誠

Lecture japonaise こうぎ せっせい
Rōmaji Kōgi Sessei
Sens Une sincérité maladroite vaut mieux qu’une tromperie habile.

巧偽kōgi désigne l’art de tromper avec habileté ; 拙誠sessei, une sincérité gauche ou mal exprimée, mais authentique.

Variante(s) 巧偽は拙誠に如かずこうぎはせっせいにしかず kōgi wa sessei ni shikazu

Forme japonaise développée correspondant directement au 巧偽不如拙誠 des sources chinoises. Elle est attestée au moins dès 1913 dans 『精説国漢文要義』 :

巧偽は拙誠に如かず 巧みな虚偽の事より、拙な誠實の方が優って居るという義。

塚本哲三編 – 『精説国漢文要義』, 1913

« La tromperie habile ne vaut pas la sincérité maladroite » : cela signifie que la sincérité, même maladroite, est préférable à une habile fausseté.

Tsukamoto Tetsuzō (dir.) – Précis détaillé de langue japonaise et de kanbun, 1913
Source La plus ancienne forme de la maxime que j’ai pu vérifier à ce stade se trouve dans 『韓非子』「説林上」 (Han Feizi, « Recueil de persuasions, première partie »), avec et non :

故曰:「巧詐不如拙誠。」

C’est pourquoi l’on dit : « La tromperie habile ne vaut pas la sincérité maladroite. »

La source traditionnellement donnée à 巧偽拙誠kōgi sessei par la lexicographie japonaise est toutefois 『説苑』「談叢」 (Jardin des récits, « Propos rassemblés »). Dans le texte transmis de cet ouvrage, la maxime apparaît avec :

智而用私,不如愚而用公,故曰巧偽不如拙誠。

Être intelligent mais employer son intelligence à des fins privées vaut moins qu’être peu habile mais agir pour le bien commun ; c’est pourquoi l’on dit que la tromperie habile ne vaut pas la sincérité maladroite.

La forme quadrigraphique exacte 巧偽拙誠kōgi sessei n’apparaît donc dans aucun de ces deux passages : les textes anciens attestent les maximes développées 巧詐不如拙誠 et 巧偽不如拙誠.

Niveau Kanken pré-2
Rareté 4 – Marginal
Exemple d’usage 例えば、どんなに言葉足らずで表現下手であったとしても、我々は自らの心底から沸き上がる誠意と真心を込め、地域住民の為に在るべき“道”を追求する「巧偽拙誠」を貫く必要がある。
『COMPASS』52号 – 「CHANGE = CHANCE 始動せよ!新世代!」, 2022

Par exemple, même si nous n’avons pas le vocabulaire et que notre manière de nous exprimer maladroite, nous devons insuffler dans nos gestes la sincérité qui jaillissent du fond de nous-mêmes, et poursuivre la « Voie », celle qui rend service aux habitants et obéit au principe selon lequel une sincérité maladroite vaut mieux qu’une tromperie habile.

COMPASS, no 52 – « CHANGE = CHANCE — Une nouvelle génération en mouvement ! », 2022
Commentaire La transmission japonaise ancienne de la maxime conserve déjà les deux graphies en gi et en sa. Dans une étude consacrée aux citations du 『説苑』 (Jardin des récits) conservées par les recueils japonais, 藤井律之Fujii Noriyuki relève que 『世俗諺文Sezoku Genbun』 (Recueil de proverbes), compilé en 1007 par 源為憲Minamoto no Tamenori, transmet le passage avec gi. L’auteur précise que la raison de cette substitution par rapport à la forme en sa demeure inconnue.

Le même travail relève dans 『明文抄Meibunshō』 (Anthologie de textes choisis), compilé au début de l’époque de Kamakura par 藤原孝範Fujiwara no Takanori, la forme en sa, accompagnée de l’indication qu’elle se trouve à la fois dans le 『説苑』 (Jardin des récits) et le 『韓非子』 (Han Feizi).

Ces recueils japonais constituent ainsi des témoins de l’histoire textuelle de la maxime chinoise. Dans la lexicographie japonaise actuelle, la Fondation Kanken classe toutefois 巧詐拙誠kōsa sessei comme 類義語ruigigo de 巧偽拙誠kōgi sessei, et non comme variante.

Locutions apparentées 碧血丹心へきけつたんしん hekiketsu tanshin

螻蟻之誠ろうぎのせい rōgi no sei

巧詐拙誠こうさせっせい kōsa sessei

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