Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

琴瑟相和

Lecture japonaise きんしつ そうわ
Rōmaji Kinshitsu Sōwa
Sens Harmonie parfaite entre époux.

L'image compare leur accord à celui de deux anciens instruments chinois, le kin et le shitsu, traditionnellement joués ensemble.

La locution peut également s'étendre à l'entente entre frères, amis ou personnes vivant dans une relation étroite.

Variante(s) 琴瑟相和すきんしつあいわす kinshitsu aiwasu

Forme verbalisée japonaise directement enregistrée par les dictionnaires.

しかし、孔明とその新妻とは、実にぴったりしていた。相性というか、琴瑟相和してという文字どおり仲がよい。

吉川英治 – 『三国志』「孔明の巻」, 1939–1943

Mais Kongming et sa jeune épouse s'entendaient à merveille. Une question d'affinité, pourrait-on dire : ils s'entendaient littéralement comme les cordes des cithares.

Yoshikawa Eiji – Les Trois Royaumes, « Le volume de Kongming », 1939–1943
Source 1) Le 語本gohon traditionnel se trouve dans 『詩經』「小雅・常棣」 (Classique des vers, « Petites Odes — Changdi ») :

妻子好合,如鼓瑟琴。兄弟既翕,和樂且湛。

Lorsque l'épouse et les enfants vivent en parfait accord, c'est comme lorsque le se et le qin jouent ensemble. Lorsque les frères sont unis, leur joie et leur concorde sont profondes.

La séquence 琴瑟相和kinshitsu sōwa n'apparaît pas dans ce passage : la locution cristallise l'image de l'accord musical du qin et du se.

2) La plus ancienne attestation exacte que j'ai pu vérifier à ce stade apparaît dans 『毛詩正義』 (Interprétation orthodoxe des Odes de Mao), commentaire établi sous les Tang par 孔穎達 (Kong Yingda) et ses collaborateurs :

琴瑟相和,似人情志,故以友言之。

Parce que le qin et le se s'accordent harmonieusement, à l'image de l'accord des sentiments humains, le texte emploie ici l'idée d'amitié.

Dans ce commentaire, la séquence est encore employée de façon transparente pour décrire l'accord des deux instruments ; elle fournit néanmoins une attestation ancienne et continue des quatre caractères exacts.

Niveau Kanken 1
Rareté 3 – Érudit
Exemple d’usage この夫婦仲は決して琴瑟相和したものではなかったから
有吉佐和子 – 『助左衛門四代記』, 1963

Car les rapports entre ces époux n'avaient certainement rien d'un couple vivant dans une parfaite harmonie.

Ariyoshi Sawako – Sukezaemon, chronique de quatre générations, 1963
Commentaire Le kin (ou *qin* en chinois) est une cithare chinoise à cordes pincées qui jouit d'un immense prestige. Elle est considérée comme "l'instrument des sages", on raconte que Confucius lui-même ne se séparait jamais de son *qin* et depuis 2008, le kin et sa musique sont inscrits au patrimoine mondial immatériel de l'UNESCO.

Le shitsu (ou se en chinois) quant à lui est un instrument chinois ancien, généralement muni de vingt-cinq cordes et de chevalets mobiles. Sa présence au Japon est matériellement attestée dès l'époque de Nara : le 『国家珍宝帳Kokka Chinpōchō』 (Inventaire des trésors de l'État) de 756 mentionne un shitsu, et le 正倉院Shōsōin conserve des vestiges attribués à un instrument à vingt-quatre cordes.

Le shitsu ne s'est pourtant pas durablement imposé dans la tradition musicale japonaise. La famille lexicale 琴瑟kinshitsu a ainsi survécu en japonais comme image savante de l'harmonie humaine bien après que l'un des deux instruments est devenu presque étranger à la pratique musicale du pays.

Locutions apparentées 鳳凰于飛ほうおううひ hōō uhi

鴛鴦之偶えんおうのぐう en'ō no gū

連理之枝れんりのえだ renri no eda

鴛鴦交頸えんおうこうけい en'ō kōkei

琴瑟之和きんしつのわ kinshitsu no wa

偕老同穴かいろうどうけつ kairō dōketsu

比翼連理ひよくれんり hiyoku renri

比翼双飛ひよくそうひ hiyoku sōhi

関関雎鳩かんかんしょきゅう kankan shokyū

関雎之化かんしょのか kansho no ka

鴛鴦之契えんおうのちぎり en'ō no chigiri

琴瑟調和きんしつちょうわ kinshitsu chōwa

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