形影不離
| Lecture japonaise | けいえい ふり |
| Rōmaji | Keiei Furi |
| Sens | Être si étroitement liés qu’il est impossible de se séparer, comme un corps et son ombre.
La locution qualifie une relation d’extrême proximité : deux personnes ou deux choses vont constamment ensemble. 形影 désigne la forme corporelle et son ombre ; 不離, le fait de ne pas se quitter. |
| Variante(s) | 1) 形影相追 — variante chinoise, sans lecture japonaise propre attribuée ici.
2) 形影相隨 — variante chinoise en graphie traditionnelle. La forme japonaise 形影相随 est par ailleurs lexicalisée comme locution distincte, lue けいえいそうずい. 3) 形影相依 — variante chinoise, sans lecture japonaise propre attribuée ici. 4) 影形不離 — variante chinoise, sans lecture japonaise attestée. Ces quatre formes sont enregistrées comme graphies ou formulations alternatives par le 『重編國語辭典修訂本』 (Dictionnaire révisé de la langue nationale) du ministère taïwanais de l’Éducation. |
| Source | 1) Jitenon donne 『莊子』「在宥」 (Zhuangzi, « Laisser être ») comme source de l’image :
大人之教,若形之於影,聲之於響。 L’enseignement du grand homme est à l’ombre ce que la forme est, et à l’écho ce que le son est. La locution quadrisyllabique exacte n’apparaît pas dans ce passage. 2) Le 『成語典』 (Dictionnaire des expressions figées) du ministère taïwanais de l’Éducation donne pour yuben 『呂氏春秋』「孝行覽・首時」 (Printemps et Automnes de Lü, « Examen de la piété filiale — Saisir le moment ») : 聖人之見時,若步之與影不可離。 Le sage discerne l’occasion comme le marcheur et son ombre, qui ne peuvent être séparés. Ce passage fournit le modèle sémantique, mais pas encore la suite exacte 形影不離. 3) Une attestation exacte antérieure aux Qing se lit sous les Ming chez le maître bouddhiste 乘旹 (Chengshi), dans 『楞嚴經講錄』卷五 (Notes de cours sur le Sūtra Śūraṅgama, vol. 5) : 二人相憶,乃至不相乖異者。喻佛生同念,且如形影不離。 Deux êtres qui pensent l’un à l’autre jusqu’à ne plus être en désaccord figurent l’union de pensée du Bouddha et des êtres sensibles, inséparables comme la forme et l’ombre. Cette occurrence montre que la forme cristallisée était déjà en usage au début du XVIIe siècle ; l’exemple de 紀昀 (Ji Yun) dans 『閱微草堂筆記』 (Notes du pavillon d’observation subtile), cité par le dictionnaire taïwanais, est donc une attestation plus tardive et non la première occurrence connue. |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | 彼ら兄弟の、一身同体、形影不離などと評判された緊密な協力
木山英雄 – 「周作人と日本」, 周作人『日本談義集』, 平凡社(東洋文庫 701), 2002, p. 367
L’étroite collaboration entre les deux frères, dont on disait qu’ils ne faisaient qu’un et étaient inséparables comme la forme et l’ombre. Kiyama Hideo – « Zhou Zuoren et le Japon », dans Zhou Zuoren, Recueil de propos sur le Japon, Heibonsha (Tōyō Bunko 701), 2002, p. 367 |
| Commentaire | Les classements japonais et chinois ne découpent pas le réseau de la même manière. Jitenon rapproche 形影不離 de 形影一如, 形影相同, 形影相随, 形影相伴 et 形直影正. Or les deux dernières séries ne se confondent pas entièrement : 形影不離 insiste sur l’inséparabilité, tandis que 形影相同 et 形直影正 développent surtout l’idée qu’une disposition intérieure ou une cause se reflète fidèlement dans son effet visible.
Le dictionnaire officiel taïwanais, lui, traite 形影相追, 形影相隨, 形影相依 et 影形不離 non comme de simples expressions voisines, mais comme des formes alternatives ; c’est pourquoi elles figurent dans « Variante(s) ». |
| Locutions apparentées | 形影相同 keiei sōdō
形影相随 keiei sōzui 形影相伴 keiei sōhan 形直影正 keichoku eisei |