Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

一子相伝

Lecture japonaise いっし そうでん
Rōmaji Isshi Sōden
Sens Transmission exclusive d’un enseignement, d’un art ou de ses arcanes à un seul enfant ou à un seul disciple, sans en divulguer le contenu aux autres.

Littéralement, 一子isshi désigne « un seul enfant », puis par extension un héritier ou disciple unique, tandis que 相伝sōden exprime la transmission d’une génération ou d’un maître à la suivante.

Variante(s) 一子相傳いっしそうでん Isshi Sōden

此の傳授は一子相傳にて我が子の外へは伝えられず。遁れぬ弟子は親子の契約有っての上……

近松門左衛門『鑓の権三重帷子』1715

Cette tradition se transmet de père en fils et donc ne peut être faite hors de mes propres enfants ; pour un disciple auquel on ne peut la refuser, il faut d’abord qu’existe un pacte de parenté entre maître et disciple.

Chikamatsu Monzaemon, "Gonza le lancier" 1715
Source 大蔵虎明『わらんべ草』四 (Ōkura Toraakira, Waranbe-gusa, livre IV, 1660)

是は万事の定めなれば、一子相伝にいたすべし

Puisque telle est la règle en toute chose, il convient d’en faire une transmission réservée à un seul héritier.

Le 精選版日本国語大辞典Seisenban Nihon Kokugo Daijiten cite ce passage comme le plus ancien exemple qu’il recense pour la locution.

Niveau Kanken 5
Rareté 1 – Courant
Exemple d’usage ……塩田氏が一子相伝の武術として二百余年の伝統を守り継ぎ……
橋口滿 – 『甑島移住史』, 2002

… M. Shiota a préservé plus de deux siècles de tradition de cet art martial transmis de maître à disciple…

Hashiguchi Mitsuru – Histoire des migrations de Koshikijima, 2002
Commentaire Dans 北斗の拳Hokuto no Ken (Ken le survivant), légendaire manga (puis anime) sérialisé de 1983 à 1988 centré autour des arts martiaux dans un univers post-apocalyptique, la formule est au centre même de l'intrigue. Les différentes techniques, dont les noms renvoient aux constellations, sont toutes des 一子相伝の暗殺拳isshi sōden no ansatsuken, un « art d’assassinat transmis de maître à disciple ». Kenshirō, le protagoniste, est l'héritier de la technique dite "Poing de la Grande Ours" 北斗の拳Hokuto no Ken.

Pour les lecteurs francophones, "Ken le survivant" évoque surtout la série animée, diffusée sur la chaîne pour enfants Club Dorothée, malgré son ultra-violence. La légende veut que l'équipe du Club Dorothée achetait alors en masse les droits de diffusion des séries animées japonaises puisque ces dernières étaient à la mode, sans regarder le contenu au préalable. L'équipe de doubleurs découvrit alors avec effroi les scènes brutales d'explosion de tête à coup de poing qui sont légion dans la série. Plutôt que d'en annuler la diffusion (ce qui aurait équivalut à une perte financière considérable), le Club Dorothée préféra la diffuser en censurant d'une part les images par l'usage massif d'effets psychédéliques et de la couleur noir pour dissimuler l'aspect du sang ; d'autre part les dialogues, en remplaçant les dialogues lourds et philosophiques de l'original japonais par une version française cabotine, qui enchaîne les calembours plus ridicules les uns que les autres – par exemple, en renommant la technique de Kenshirō "Hokuto de cuisine", "Hokuto suisse", "Hokuto à pain", et ainsi de suite.

Locutions apparentées 父子相伝ふしそうでん Fushi Sōden

#一 #一子相伝 #一子相傳 #伝 #傳 #子 #相