已己巳己
| Lecture japonaise | いこみき |
| Rōmaji | Iko Miki |
| Sens | Rangée de choses de même apparence.
Les trois caractères – 已, 己, 巳, respectivement 已 caractère utilisé pour retranscrire le mot すでに (déjà), やむを得ない (irrésistible), はなはだ (extraordinaire) ou encore のみ(uniquement) ; 己, le sixième des dix bâtonnets célestes, dit "tsuchinoto", qui dans les Cinq Éléments, représente la Terre et dans les points cardinaux, représente le centre et a également le sens de "moi" et "toi" quand il se lit おのれ ; 巳 le sixième signe du zodiaque chinois, sud-sud-est dans les points cardinaux, 10 h du matin et les deux heures qui le précèdent et le suivent dans le calendrier traditionnel dont l'animal associé est le serpent – sont ici utilisés uniquement pour leur apparence graphique similaire et non pas pour leurs significations. Ce sont au demeurant des caractères peu utilisé en japonais contemporain. |
| Variante(s) | 1) 巳己巳己 miko shiki
鈴木勝忠「たから舟(前半)」『未刊雑俳資料』第42期、鈴木勝忠、1968年2月、4頁. (Suzuki Katsutada, « Takara-bune (Première moitié) », Matériaux divers haïku non publiés, Vol. 42, Katsutada Suzuki, février 1968, p.4.) 巳己巳己の文字吉野ゝ花や雲 Comme les caractères 巳己巳己, fleurs et nuages de Yoshino 2) 巳己已巳 Dans 『地獄一面照子浄頗梨』, ouvrage écrit et illustré par 山東京伝 et publié en 1790. |
| Source | La bibliothèque de l’université Waseda conserve un recueil de haïkai des auteurs 親信 et 野々口 立圃 en 1668. Son titre figurant sur l’étiquette est :
『以古志喜』 — いこしき Mais la notice précise que la postface appelle le recueil : 已己巳己の千句 « Les mille vers d’Ikoshiki » Le dictionnariste 神永 曉 explique que le titre 已己巳己 se lit ici いこしき, comme le prouve la graphie phonétique parallèle 以古志喜. La postface justifierait le titre par le fait que les différents vers étaient si semblables en valeur qu’il était difficile de les départager : leur ressemblance était figurée par celle des caractères 已・己・巳・己 |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d'usage | 已己巳己のよふに廓の格子先。
『柳多留』‐一二一乙〔1833〕
Derrière les grilles des maisons de joie, les courtisanes se ressemblent comme deux gouttes d'eau "Yanagidaru" (recueil de 雑俳 ou poèmes comiques) 121乙, 1833
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| Commentaire | Cette locution est une création purement japonaise, de l'époque d'Edo.
Déjà à cette époque, on savait que ces trois caractères étaient difficiles à distinguer entre eux. On ne sait qui en est l'auteur, mais des comptines mnémotechniques ont vu le jour pour aider à se souvenir du sens de chacun de ces caractères, et comment les distinguer. La plus célèbre est la suivante : 巳は上に、已 已 已 中ほどに、己 己下につく Pour 巳, lu mi, le trait rejoint le haut ; pour 已, lu sudeni, yamu ou nomi, il ne monte qu’à mi-hauteur ; pour 己, lu onore ou tsuchinoto, il reste attaché en bas. Mais on trouvait aussi: 己 己の声、己 己下につき、已已なかば、巳 巳はみなつく Les sons ki et ko, ainsi que les lectures onore et tsuchinoto, correspondent à 己: le trait reste en bas; i et sudeni correspondent à 已: il monte jusqu’au milieu; shi et mi correspondent à 巳: il rejoint entièrement le haut. NB : le trait en question est la haste gauche, qui monte plus ou moins haut selon le caractère. Bref, il existe de nombreuses variations. Aujourd'hui, seul le caractère 己 fait partie de la liste des 常用漢字 (les caractères à usage courant, autorisés à dans les publications de tous les jours). Les caractères 巳 et 已 ont été ajoutés respectivement en 1954 et en 2004 à la liste des 人名用漢字, les caractères autorisés dans les noms propres. Ils restent donc relativement peu visibles, et connus surtout des connaisseurs. |