Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

一件落着

Lecture japonaise いっけん らくちゃく
Rōmaji Ikken Rakuchaku
Sens Une affaire est réglée ; un problème ou un incident trouve enfin sa conclusion. 一件ikken désigne une affaire ou un cas particulier ; 落着rakuchaku, le fait qu'une affaire soit tranchée, réglée ou menée à son terme.
Source Il ne semble pas exister de 典拠tenkyo chinois classique : 一件落着ikken rakuchaku paraît être une formation japonaise issue notamment du vocabulaire administratif et judiciaire.

Une attestation documentaire certaine se trouve dans une lettre du ministère japonais des Affaires étrangères adressée à la préfecture d'Osaka le 3 juillet 1871, à propos d'un litige concernant la construction du pont de Kōraibashi : 縷々英公使え遂引合候處、無餘義事情了解いたし、一件落着相成、…

Après de longues démarches auprès du ministre britannique, celui-ci finit par comprendre que les circonstances ne laissaient guère d'autre choix, et l'affaire fut réglée

Niveau Kanken 5
Rareté 1 – Courant
Exemple d'usage 勿論私に兵仗を動かした責罰譴誨は受けたに相違あるまいが、事情が分明して見れば、重罪に問ふには足ら無いことが認められたのに、かてゝ加へて皇室御慶事があつたので、何等罪せらるゝに至らず、承平七年四月七日一件落着して恩詔を拝した。
幸田露伴 – 『平将門』, 1920

Je dus certes recevoir quelque réprimande pour avoir pris les armes ; mais les circonstances ayant été éclaircies, on reconnut que l'affaire ne justifiait pas une accusation grave. À cela s'ajouta un heureux événement dans la maison impériale : je ne fus finalement soumis à aucune peine et, le 7 avril de la septième année de Jōhei, l'affaire fut définitivement réglée et je reçus un édit de grâce.

Kōda Rohan – Taira no Masakado, 1920
Commentaire 一件落着ikken rakuchaku est un bon exemple de 四字熟語yojijukugo qui ne descend pas d'une sentence fameuse des classiques chinois. Le mot 一件ikken, « une affaire, un cas », est ancien en japonais : le 『日本国語大辞典』 en relève déjà un emploi en 1484. 落着rakuchaku a, quant à lui, possédé à l'époque d'Edo une valeur juridique précise : le règlement ou le jugement définitif d'une affaire. L'association des deux termes est donc parfaitement naturelle dans la langue administrative : littéralement, « une affaire + son règlement ». L'occurrence de 1871 dans la correspondance officielle entre le ministère des Affaires étrangères et la préfecture d'Osaka montre que les quatre caractères fonctionnaient déjà ensemble dans ce sens au début de Meiji. La locution a ensuite largement dépassé son arrière-plan administratif. Elle est aujourd'hui courante et peut s'employer pour n'importe quel problème qui trouve enfin sa solution, parfois avec une nuance de soulagement : « voilà, c'est réglé ».
Locutions apparentées 円満解決えんまんかいけつ enman kaiketsu

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