衣鉢相伝
| Lecture japonaise | いはつ そうでん |
| Rōmaji | Ihatsu Sōden |
| Sens | Recevoir d’un maître son enseignement ou ses secrets et en assurer la transmission. Par extension, reprendre le savoir-faire, l’œuvre ou l’entreprise d’un prédécesseur.
Littéralement, « transmission de la robe et du bol » : 衣鉢 désigne la robe monastique et le bol à aumônes, les emblèmes de la vie monacale; 相伝 exprime sa transmission de génération en génération. |
| Variante(s) | 1) 衣鉢相傳 Ihatsu Sōden
Graphie ancienne, avec 傳 pour 伝. Elle figure dans le passage chinois reproduit ci-dessous. 2) 衣鉢真伝 Ihatsu Shinden Transmission authentique de l’enseignement. Cette forme possède une entrée dans le Dai Kan-Wa jiten. 3) 衣鉢真傳 Ihatsu Shinden Graphie à caractère ancien de la forme précédente, également donnée par le dictionnaire des expressions du ministère taïwanais de l’Éducation. |
| Source | L’Ancien Livre des Tang, dans la biographie de Shenxiu, rapporte une tradition faisant remonter cette transmission à Śākyamuni. Le passage explique l’image ; les quatre caractères de la locution n’y sont pas encore réunis.
Le commentaire de Benrui aux stances de Tiantong Jue, composé sous les Ming, emploie en revanche la forme complète. Dans ce passage consacré à Bodhidharma et à l’empereur Wu des Liang, la transmission est évoquée sur un ton critique : perpétuer une succession ne dispense pas de saisir l’enseignement. 1) 云自釋迦相傳,有衣鉢為記,世相付授。 《舊唐書》卷一九一・方伎傳・神秀傳
Il disait que cet enseignement s’était transmis depuis Śākyamuni, que la robe et le bol en étaient les gages et qu’ils se transmettaient de génération en génération. Ancien Livre des Tang, livre 191, « Biographie de Shenxiu », 945
2) 祖乃覿面相呈,尚不領旨,于今只去口傳心受,衣鉢相傳,豈不慙惶? 本瑞 – 《焭絕老人天奇直註天童覺和尚頌古》卷一, 明
Le patriarche le lui présenta pourtant en face, mais il n’en saisit toujours pas le sens. Aujourd’hui, l’on s’en tient à transmettre par la bouche et à recevoir par le cœur, à transmettre la robe et le bol : comment ne pas en être confus ? Benrui — Commentaire direct aux stances sur les anciens cas du maître Tiantong Jue, livre I, époque Ming |
| Niveau Kanken | pré-2 |
| Rareté | 2 – Littéraire |
| Exemple d’usage | 私が今日まで作業療法士を続けることができたことは、恩師、母親、そして職場の諸先輩から様々な教えを授かり、導いて頂いたお陰です。このことを仏教の言葉で表したものが、表題の衣鉢相伝となります。
菊池大典 – 『東京都作業療法士会ニュース』No.220,巻頭言「衣鉢相伝」, 2025-01
Si j’ai pu poursuivre jusqu’à aujourd’hui ma carrière d’ergothérapeute, je le dois aux nombreux enseignements reçus de mes maîtres, de ma mère et de mes aînés, qui m’ont guidé. L’expression bouddhique qui rend cela, est celle que j'ai mis en tête de mon texte : « transmettre la robe et le bol ». Bulletin de l’Association des ergothérapeutes de Tokyo, no 220, éditorial « Transmission de la robe et du bol », janvier 2025, p. 1 |
| Commentaire | La lecture 衣鉢 connaît aussi les formes ihachi et ehatsu : on rencontre ainsi Ihachi Sōden et Ehatsu Sōden, sans changement de graphie. La seconde lecture est notamment retenue par l’école Sōtō dans les sujets de son concours de calligraphie pour la jeunesse.
Par "robe" il faut entendre les trois vêtements réglementaires du moine bouddhique, à savoir 安陀会, porté comme vêtement inférieur, 鬱多羅僧, porté au-dessus, et 僧伽梨, la grande robe. Le bol complète cet équipement parce que le renonçant reçoit sa nourriture par l’aumône ; n’en posséder qu’un seul exprime aussi une limitation volontaire des besoins. |
| Locutions apparentées | 一子相伝 Isshi Sōden
父子相伝 Fushi Sōden 師資相承 Shishi Sōshō 血脈相承 Kechimyaku Sōjō 免許皆伝 Menkyo Kaiden 三衣一鉢 San’e Ippachi |