一文不通
| Lecture japonaise | いちもん ふつう |
| Rōmaji | Ichimon Futsū |
| Sens | Ne connaître pas même un caractère et être incapable de lire ou d'écrire ; illettrisme complet. La locution s'emploie également pour qualifier une personne dépourvue d'instruction.
Littéralement, « ne comprendre pas un caractère ». 一文 désigne ici une seule unité de l'écriture ; 不通 signifie « ne pas comprendre, ne pas saisir le sens ». La lecture du premier membre est いちもん, et non いちぶん. |
| Source | 藤原実資『小右記』長和三年三月六日 (Fujiwara no Sanesuke, Shōyūki, sixième jour du troisième mois de 1014)
好親一文不通。 Cet homme ne connaissait pas même un caractère. |
| Niveau Kanken | 5 |
| Rareté | 3 – Érudit |
| Exemple d’usage | 1) 私は御当家様へ奉公に来て、一文不通の木具屋の忰が、今では何うやら斯うやら手紙の一本も書け、十露盤も覚え、少しは剣術も覚えたのは、皆大旦那のお蔭。
三遊亭圓朝『菊模様皿山奇談』、1891年頃
Lorsque je suis entré au service de votre maison, j'étais un fils d'artisan qui ne savait ni lire ni écrire. Aujourd'hui, tant bien que mal, je sais écrire une lettre, compter au boulier et même manier un peu le sabre : je dois tout cela à notre ancien maître. San'yūtei Enchō, La mystérieuse histoire des assiettes à chrysanthèmes de Sarayama, vers 1891
2) その頃は尚お以て一文不通のときであるから、老師が講座の台上で、独りで感心して、「好雪片片不落別処、好雪とはどうじゃ」などとやられるのを聞いて……… 鈴木大拙『鹿山庵居』1915年
À cette époque, j'ignorais encore complètement la langue, alors j'écoutais le professeur, debout sur l'estrade, s'extasier tout seul sur la phrase : « La bonne neige tombe en un seul morceau, mais pas en deux. Que signifie "bonne neige" ? » Suzuki Daisetsu, "Le temple de Lushan", 1915
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| Commentaire | L'alphabétisation des gens du peuple prit au Japon d'Edo une forme très pratique. Dans les 寺子屋, les enfants copiaient d'abord les syllabes du いろは, les nombres et les noms de lieux. Ils passaient ensuite aux 往来物, manuels conçus à l'origine autour de modèles de correspondance et élargis à toutes sortes de savoirs utiles : commerce, métiers, géographie ou règles de conduite. L'objectif était de pouvoir se débrouiller avec les écrits de la vie courante.
Cette instruction ne suivait pas partout un programme uniforme. Elle était dispensée par des maîtres privés, à des enfants de milieux divers, et ses contenus dépendaient largement des besoins locaux. Le ministère japonais de l'Éducation rappelle que ces écoles, particulièrement développées à la fin de l'époque d'Edo, formèrent l'un des principaux socles de l'enseignement élémentaire moderne. |
| Locutions apparentées | 無学文盲 Mugaku Monmō
一文不知 Ichimon Fuchi 一字不識 Ichiji Fushiki 無学浅識 Mugaku Senshiki 無学無識 Mugaku Mushiki 無学無知 Mugaku Muchi 無知愚昧 Muchi Gumai 無知蒙昧 Muchi Mōmai |