一文不知
| Lecture japonaise | いちもん ふち |
| Rōmaji | Ichimon Fuchi |
| Sens | Ne pas connaître même un seul caractère et, par conséquent, être incapable de lire et d'écrire. Dans le bouddhisme japonais de la Terre pure, l'expression peut également désigner l'attitude d'humilité que l'on doit adopter devant l'enseignement, quelle que soit son érudition.
Littéralement, « ne connaître pas même un caractère ». 一文 signifie ici « une lettre, un caractère écrit » ; 不知 signifie « ne pas connaître ». |
| Source | 法然『一枚起請文』(Hōnen, Ichimai kishōmon, 1212)
念仏を信ぜん人は、たとい一代の法をよくよく学すとも、一文不知の愚鈍の身になして、尼入道の無智のともがらに同じうして、智者のふるまいをせずしてただ一向に念仏すべし。 Quiconque a foi dans l'invocation du Bouddha doit, quand bien même il aurait étudié tout son enseignement, se considérer comme un être simple et ignorant, incapable de lire une seule ligne/span>, se ranger aux côtés des nonnes et des dévots sans instruction et invoquer le nom du Bouddha sans adopter les manières d'un savant. |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 3 – Érudit |
| Exemple d’usage | 1) 一文不知のやつがれなれば。
十返舎一九『東海道中膝栗毛』「発端」、1802年以降
Puisque je ne suis, moi, qu'un simple illettré/span>… Jippensha Ikku, À pied sur la route du Tōkaidō, prologue, début du XIXe siècle
2) ちょうど一文不知の者にかえって信心の精髄が宿るのと同じなのです。そうして下根の凡夫にかえって救いが誓われているあの他力の妙理がここにも見られるのです。 柳宗悦『美の国と民芸』1937年
C’est précisément parce que l’essence de la foi réside chez les plus démunis. Et nous pouvons ici contempler le principe merveilleux du salut par la puissance d’autrui, qui promet le salut même aux gens ordinaires, aux capacités plus modestes. Yanagi Muneyoshi『Le pays du Beau et l'artisanat』1937
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| Commentaire | Les enseignements religieux de l'ancien Japon circulaient aussi parmi ceux qui ne pouvaient lire les sutras. Pour rendre les récits bouddhiques accessibles, des prédicateurs expliquaient oralement les images déployées devant leur auditoire : cette pratique se nomme 絵解き, littéralement « expliquer les images ». Des rouleaux figurant la vie du Bouddha, les enfers ou les six voies de la renaissance servaient de support à ces récits.
Cette transmission par le regard et par la voix pouvait toucher les villageois aussi bien que les fidèles instruits. Le musée de l'université Ryūkoku a consacré une exposition entière à cette tradition, active du Moyen Âge à l'époque d'Edo. Les peintures religieuses étaient ainsi de véritables instruments d'enseignement collectif : comprendre les histoires qu'elles représentaient ne supposait pas de déchiffrer les caractères chinois d'un texte sacré. Ainsi, dans le bouddhisme du Grand Véhicule, même le fidèle qui ne sait pas déchiffrer les sutras a le droit au salut, car même les sutras sont une image déformée de la parole du Bouddha. L'éveil se fait en dehors des mots, en esprit. Aussi longtemps que ledit fidèle récitât les mots "Namu Amida Butsu" (un des noms de Bouddha en japonais), il pouvait être sauvé. |
| Locutions apparentées | 一文不通 Ichimon Futsū
一字不識 Ichiji Fushiki 無学文盲 Mugaku Monmō |