Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

鳳兮鳳兮

Lecture japonaise ほうや ほうや
Rōmaji Hō ya Hō ya
Sens « Ô phénix, ô phénix ! » Apostrophe par laquelle Jieyu, le fou de Chu, interpelle Confucius, assimilé au phénix, pour déplorer le déclin de sa vertu et l’avertir du danger de participer aux affaires politiques d’un monde troublé.

Littéralement, 鳳hō désigne le phénix et 兮ya est ici une particule exclamative du chinois classique. Les lectures japonaises du passage rendent également la particule par ya ou yo.

Source 『論語』「微子」 (Lunyu, « Weizi »)

楚狂接輿歌而過孔子曰、鳳兮鳳兮、何德之衰。往者不可諫、來者猶可追。已而已而、今之從政者殆而。

Le fou de Chu, Jieyu, passa devant Confucius en chantant : « Ô phénix, ô phénix ! Comme ta vertu a décliné ! Le passé ne peut plus être corrigé ; ce qui vient peut encore être changé. Assez, assez ! Ceux qui prennent aujourd’hui part au gouvernement sont en danger. »

Niveau Kanken Absent
Rareté 5 – Chinois classique
Exemple d’usage 鳳や鳳や、何ぞ徳の衰えたる。……已みなん、已みなん。今の政に従う者は殆し。
江文也 – 『上代支那正樂考―孔子の音樂論』, 1942

Ô phénix, ô phénix ! Comme ta vertu a décliné ! […] Assez, assez ! Ceux qui prennent aujourd’hui part au gouvernement sont en danger.

Jiang Wenye – Étude sur la musique orthodoxe de la Chine antique : théorie musicale de Confucius, 1942
Commentaire Une plaisanterie célèbre du Shishuo xinyu exploite précisément la répétition de cette apostrophe. Deng Ai, qui bégayait et prononçait son propre nom en répétant « Ai, Ai », fut taquiné par Sima Zhao : combien y avait-il donc de « Ai » ? Il répondit par la formule chinoise 「鳳兮鳳兮、故是一鳳」 : on dit bien « phénix, phénix », et pourtant il n’y a qu’un seul phénix.

Cette répartie est devenue l’une des deux anecdotes traditionnellement rattachées à 期期艾艾kiki gaigai, locution désignant le fait de parler en bégayant. Le redoublement de 鳳兮鳳兮hō ya hō ya y sert donc de démonstration spirituelle.

#兮 #鳳 #鳳兮鳳兮