我利我利
| Lecture japonaise | がり がり |
| Rōmaji | Gari Gari |
| Sens | Ne rechercher que son propre intérêt, ses avantages ou la satisfaction de ses désirs, sans considération pour autrui ; être exclusivement préoccupé de son profit. Avare.
Littéralement, « mon profit, mon profit ». 我利, composé de « soi » et « avantage », est répété pour renforcer l'idée d'égoïsme. La lecture がりがり est celle d'un mot expressif japonais que l'on peut écrire à l'aide de ces kanji. |
| Source | La graphie 我利我利 est une formation expressive japonaise. Aucun texte chinois classique n'est identifié comme son origine. Le mot apparaît dans la littérature de Meiji sous la forme développée 我利我利亡者, graphiée avec des signes de répétition.
仮名垣魯文『高橋阿伝夜刃譚』第五編、1879年(Kanagaki Robun, Le récit d'Oden Takahashi, cinquième partie, 1879) 我利々々蒙者の雑報や。 Voilà les nouvelles d'un individu uniquement préoccupé de son propre profit, un véritable rapace. Cette attestation concerne le composé développé ; l'emploi autonome de la forme quadrigraphique est attesté notamment dans la presse japonaise du début du XXe siècle. ただ其の利益問題からの親切なら、何處かに我利々々した處があり相なものだが、全くそれが無い處を見ると……。 長岡外史「名士の瑞西觀 瑞西雜觀」『太陽』1909年第11号、187頁
Si leur amabilité n'était motivée que par des intérêts matériels, elle laisserait sans doute transparaître quelque chose d'égoïste et intéressé ; or on n'en voit absolument aucune trace… Nagaoka Gaishi, « Observations sur la Suisse », Taiyō, no 11, 1909, p. 187 |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 2 – Littéraire |
| Exemple d’usage | 1) あの子は、ちつとも仕合せでない。あなただつてさうよ。やつぱり、どこか、ずるいのよ。けちな、けちな、我利我利が、気持のどこかに、ちやんと在るのよ。
太宰治『火の鳥』1939年
Cette fille ne serait pas heureuse du tout. Toi non plus, d'ailleurs. Au fond, tu as quelque chose de sournois. Il y a bel et bien, quelque part en toi, un égoïsme mesquin. Dazai Osamu, L'Oiseau de feu, 1939
2) 子供は世の人々が言い尊ぶように無邪気なものと逸作もかの女も思っては居なかった。子供は無邪気に見えて、実は無遠慮な我利我利なのだ。子供は嘘を言わないのではない。 岡本かの子「かの女の朝」『岡本かの子全集』第五巻、冬樹社、1974年所収
Ni Issaku ni elle ne pensaient que les enfants fussent les êtres innocents que tout le monde vante. Sous leurs apparences ingénues, ils sont en réalité obsédés par le profit. Ce n'est pas qu'ils ne mentent pas. Okamoto Kanoko, « Le Matin de cette femme », dans les Œuvres complètes d'Okamoto Kanoko, vol. V, édition de 1974
3) 我利我利の私慾ばかりで、それを組合とか団体の力で自然にまもろうとするようになる。 坂口安吾「魔の退屈」『太平』1946年10月1日
Il n'y a partout que des intérêts personnels poursuivis avec avarice, et l'on en vient naturellement à chercher à les défendre par la force des syndicats ou des organisations. Sakaguchi Ango, « L'Ennui démoniaque », Taihei, 1er octobre 1946 |
| Commentaire | La graphie 我利我利 constitue un exemple particulièrement parlant d'当て字 : les caractères ont été choisis pour leur valeur sémantique, alors que la lecture reproduit un mot expressif japonais. Dans son emploi sonore, がりがり évoque le bruit d'un objet dur que l'on ronge, mord ou gratte. Le même mot peut décrire une personne excessivement maigre ou quelqu'un qui s'acharne sur une seule activité.
Son emploi pour qualifier une personne avide associe cette impression d'acharnement à la recherche du profit. Les caractères 我利 rendent immédiatement lisible l'interprétation morale de ce mot : « mon intérêt ». Le redoublement graphique donne ainsi à une expression de la langue japonaise l'apparence d'un composé sino-japonais en quatre caractères. Cette singularité le distingue des locutions directement héritées des textes chinois. |
| Locutions apparentées | 貪夫徇財 Tanpu Junzai |