楽羊啜子
| Lecture japonaise | がくよう てっし |
| Rōmaji | Gakuyō Tesshi |
| Sens | Une fidélité au souverain poussée à l'extrême, et une conduite si impitoyable envers les siens qu'elle finit par susciter la méfiance.
Littéralement : « Yue Yang boit son fils ». 楽羊 est le nom du général ; 啜 signifie « boire en aspirant, siroter » ; 子 désigne son fils. La graphie traditionnelle du nom propre est 樂羊. |
| Variante(s) | 樂羊啜子 Gakuyō Tesshi |
| Source | 1) Le Han Feizi transmet le récit sous une forme qui insiste sur le soupçon provoqué par le comportement du général : sa victoire est récompensée, mais son souverain se met à douter de lui. Ce passage constitue un antécédent narratif ; les quatre caractères réunis n'y figurent pas.
『韓非子』「説林上」 (Han Feizi, « Shuo lin shang », chapitre 22) 樂羊坐於幕下而啜之,盡一杯。……樂羊罷中山,文侯賞其功而疑其心。 Yue Yang, assis sous sa tente, en but tout le contenu d'une coupe. […] Après la conquête de Zhongshan, le marquis Wen récompensa ses exploits, mais se mit à douter de ses intentions. 2) Le Huainanzi, qui constitue la source traditionnelle donnée par la lexicographie japonaise, présente une autre version : Yue Yang reconnaît son fils, pleure puis boit trois coupes devant l'envoyé. Les assiégés, frappés par sa détermination, se rendent ; sa victoire s'accompagne cependant d'une perte durable de confiance. 『淮南子』巻十八「人間訓」 (Huainanzi, vol. 18, « Renjian xun ») 樂羊循而泣之,曰:「是吾子。」已,為使者跪而啜三杯。……自此之後,日以不信。 Yue Yang caressa [la tête de son fils] en pleurant et dit : « C'est mon fils. » Puis il s'agenouilla devant l'envoyé et but trois coupes. […] Dès lors, la confiance qu'on lui accordait diminua de jour en jour. 3) La formule exacte est conservée dans le troisième rouleau du Shiqishi mengqiu, compilation mnémotechnique attribuée à Wang Ling sous les Song du Nord. Son rapprochement avec Qin Xiba renvoie à l'histoire complémentaire d'un serviteur qui désobéit pour épargner un faon et gagne finalement la confiance de son maître. 王令『十七史蒙求』巻三 (Wang Ling, Shiqishi mengqiu, « Le Mengqiu des dix-sept histoires », vol. 3) 樂羊啜子,秦巴放麑。 Yue Yang boit [le bouillon fait avec] son fils ; Qin Ba relâche un faon. Une édition japonaise du Shiqishi mengqiu, imprimée à Kyoto en 1825, porte des marques de lecture du chinois établies par Okazaki Motonori. |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 5 – Chinois classique |
| Exemple d’usage | 1) Une conversation familiale rapportée dans un billet consacré à la scolarité fait mention de la locution à propos des devoirs de kanji.
この楽羊啜子って意味わかるの? うん!その為に国語辞典で覚えているの♪ ちゃんあん「親と子の雑談」『戦略的3姉弟の中学受験ブログ』、2019年6月26日
« Tu sais ce que signifie Gakuyō Tesshi ? — Oui ! C'est justement pour ça que je l'ai appris dans le dictionnaire de japonais ! » Chan'an, « Conversation entre parent et enfant », blog sur la scolarité de trois enfants, 26 juin 2019
2) Dans un exemple pédagogique récent, la formule est appliquée, par analogie, à une personne dont le dévouement au travail nuit à sa famille et à la confiance de son entourage. プロジェクトの成功のためとはいえ家族を顧みない彼のふるまいは楽羊啜子を思わせ、かえって周囲の信頼を失わせる結果となった。 boubura「楽羊啜子(がくようてっし)」『note』、2026年9月12日
Bien qu'il agît pour la réussite du projet, sa manière de négliger sa famille rappelait le sacrifice impitoyable de Yue Yang et finit, au contraire, par lui faire perdre la confiance de son entourage. boubura, « Gakuyō Tesshi », note, 12 septembre 2026 (exemple construit à des fins pédagogiques) |
| Commentaire | L'histoire de Le Yang, général du royaume de Wei durant la période des Royaumes combattants en Chine, raconte que son fils fut pris en otage puis transformé en soupe. Il but cette soupe pour prouver sa loyauté, et ses ennemis, craignant sa fidélité inébranlable, se rendirent. Cependant, il perdit la confiance de ses propres hommes, qui prirent peur d'un homme capable de boire ainsi son fils sans remord. |
| Locutions apparentées | 大義滅親 Taigi Messhin |