風樹之嘆
| Lecture japonaise | ふうじゅ の たん |
| Rōmaji | Fūju no Tan |
| Sens |
Regret douloureux de ne plus pouvoir témoigner sa piété filiale à ses parents, morts avant que l’on ait pu prendre soin d’eux.
L’image est celle d’un arbre qui voudrait rester immobile mais que le vent continue d’agiter : de même, lorsque l’enfant est enfin en mesure de servir ses parents, le temps les a parfois déjà emportés. |
| Variante(s) |
1) 風樹之歎 fūju no tan
2) 風樹の嘆 fūju no tan 3) 風樹の嘆き fūju no nageki |
| Source |
La source de l’image est l’épisode de 皋魚 (Gao Yu) dans 『韓詩外傳』卷九 (Traditions extérieures du Livre des Odes selon l’école de Han, vol. 9). À 孔子 (Confucius), qui lui demande la cause de ses pleurs, 皋魚 répond :
樹欲靜而風不止,子欲養而親不待也。 L’arbre voudrait rester immobile, mais le vent ne cesse pas ; l’enfant voudrait prendre soin de ses parents, mais ceux-ci n’attendent pas. La forme 風樹之歎 n’apparaît pas telle quelle dans ce passage : elle cristallise l’image proverbiale de l’arbre au vent et le regret filial qui l’accompagne. |
| Niveau Kanken | pré-1 |
| Rareté | 3 – Érudit |
| Exemple d’usage |
風樹の嘆は何人といえども免れ難からんも、就中われに於て最も多し。
岡本綺堂 – 『父の墓』, 1902
Si difficile qu’il soit pour quiconque d’échapper au regret d’avoir perdu ses parents avant de pouvoir les servir, ce regret est chez moi plus profond que chez tout autre. Okamoto Kidō – La Tombe de mon père, 1902
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| Commentaire | La réception japonaise de l’image est très ancienne. Le binôme 風樹 est déjà employé vers 835 dans un texte de 空海 avec le sens du regret causé par la mort des parents. Le noyau métaphorique de la locution circule donc au Japon depuis plus d’un millénaire. |
| Locutions apparentées |
風樹之悲 fūju no kanashimi
風木含悲 fūboku ganpi 風木之歎 fūboku no tan |