風樹之感
| Lecture japonaise | ふうじゅ の かん |
| Rōmaji | Fūju no Kan |
| Sens |
Douleur de celui qui a perdu ses parents avant d’avoir pu leur rendre pleinement les soins et la piété filiale qu’il leur devait.
La locution appartient à la même image que 風樹之歎 : l’arbre voudrait rester immobile, mais le vent ne cesse de souffler ; de même, l’enfant voudrait servir ses parents, mais le temps ne les attend pas. |
| Variante(s) | 風樹の感 fūju no kan |
| Source |
1) Le 語本 de l’image est l’épisode de 皋魚 (Gao Yu) dans 『韓詩外傳』卷九 (Traditions extérieures du Livre des Odes selon l’école de Han, vol. 9) :
樹欲靜而風不止,子欲養而親不待。 L’arbre voudrait rester immobile, mais le vent ne cesse pas ; l’enfant voudrait prendre soin de ses parents, mais ceux-ci n’attendent pas. 2) La forme exacte est attestée dans 『南齊書』卷三十四「虞玩之傳」 (Livre des Qi du Sud, vol. 34, « Biographie de Yu Wanzhi »), dans la requête par laquelle 虞玩之 (Yu Wanzhi) demande à se retirer : 特以丁運孤貧,養禮多闕,風樹之感,夙自纏心。 Frappé par le destin, orphelin et pauvre, j’ai souvent manqué aux devoirs de la piété filiale ; le douloureux sentiment de n’avoir pu servir mes parents étreint depuis longtemps mon cœur. |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | ………今にして之を思へば奉養いまだ足らず、歡を承くる未だ悉さゞるなり。風樹の感殆ど禁する能はず。
海江田信義, 「故有村蓮壽院の家庭 附海江田子爵の懷舊談」, 『太陽』十二月1895, p.127
[…]lorsque j’y songe aujourd’hui, je me dis que mes soins filiaux furent encore insuffisants et que je n’avais pas su lui procurer toute la joie que je lui devais. Je ne puis presque réprimer la douleur d’avoir perdu un parent avant d’avoir pleinement accompli mon devoir filial. Kaieda Nobuyoshi, Ko Arimura Renjuin no katei: fu Kaieda shishaku no kaikyūdan (Le foyer de feu Arimura Renjuin, suivi des souvenirs du vicomte Kaieda), in Taiyō, décembre 1895, p. 127.
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| Commentaire | Si le caractère 感 désigne aujourd'hui le sentiment voire la sensation, il pouvait désigner par le passé le trouble, le bleu à l'âme, la passion. Pour un lecteur contemporain, il est étonnant que 風樹之感 puisse être synonyme de 風木之悲, puisque le caractère 悲 désigne clairement la "tristesse". Ce n'est pas le cas pour un lecteur d'il y a 200 ans (et a fortiori pour un lecteur de la Chine antique...), pour qui 感 contient aussi une notion grave. |
| Locutions apparentées |
風樹之嘆 fūju no tan
風樹之悲 fūju no kanashimi 風木含悲 fūboku ganpi 風木之悲 fūboku no kanashimi 風木之歎 fūboku no tan |