鴛鴦之契
| Lecture japonaise | えんおう の ちぎり |
| Rōmaji | En'ō no Chigiri |
| Sens |
Lien conjugal extrêmement profond et durable.
Par extension, promesse faite par deux époux de demeurer unis et affectueux toute leur vie. 鴛鴦 désigne le couple de canards mandarins, traditionnellement associé à l'harmonie conjugale ; 契 désigne ici le lien, l'engagement ou la promesse qui unit les époux. |
| Variante(s) |
鴛鴦の契り en'ō no chigiri
Forme japonisée avec la particule の à la place de 之, enregistrée par la lexicographie japonaise. Les attestations anciennes et modernes peuvent également omettre l'okurigana final et écrire 鴛鴦の契. La forme est attestée dès la fin de l'époque de Muromachi dans 『御伽草子・浦嶋太郎』 : 互にゑんわうのちぎり浅からずして 『御伽草子・浦嶋太郎』, 室町末
Ils demeurèrent unis par un profond lien de canards mandarins. Otogizōshi – Urashima Tarō, fin de l'époque de Muromachi
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| Source |
La tradition lexicographique japonaise rattache le 語本 de l'expression à 『搜神記』巻十一 (À la recherche des esprits, livre XI), dans le récit de Han Ping et de son épouse.
Après que le roi de Song a séparé les deux époux et que ceux-ci se sont donné la mort, leurs tombes sont placées l'une en face de l'autre. Deux arbres y poussent bientôt, leurs racines se rejoignent sous terre et leurs branches s'entrelacent. Un couple de canards mandarins vient ensuite demeurer dans l'arbre, sans le quitter matin ni soir, les oiseaux croisant leur cou et poussant des cris plaintifs. La tradition en fait l'image d'un amour conjugal que même la mort ne peut rompre. Le passage de 『搜神記』 ne contient toutefois pas la formule exacte 鴛鴦之契 : il constitue le récit-source de l'image, et non une occurrence de la locution quadrigraphique. Au Japon, l'histoire textuelle de l'expression est ancienne. 『海道記』 (Journal de la route maritime), vers 1223, atteste déjà la forme proche 鴛の契. À la fin de l'époque de Muromachi, 『御伽草子・浦嶋太郎』 (Recueil de contes – « Urashima Tarō ») atteste pleinement la forme japonisée 鴛鴦の契り. |
| Niveau Kanken | pré-1 |
| Rareté | 3 – Érudit |
| Exemple d’usage |
1) 此の佳人此美青年、手を携えて睦しそうに步くのを見る人は、何人と雖も鴛鴦の契も啻ならぬ花嫁花聟としか思はない。
石橋忍月 – 『露子姫』, 1889
Quiconque voyait cette belle femme et ce beau jeune homme marcher tendrement main dans la main ne pouvait les prendre que pour de jeunes mariés unis par un lien qui n'avait rien à envier à celui des canards mandarins. Ishibashi Ningetsu – Tsuyuko-hime, 1889
2) 夫妻の意氣相投じて鴛鴦の契濃かならば二つの者其差いづくにかある。 宮崎三昧 – 『塙團右衞門』, 1893
Si les époux s'accordent de cœur et si leur lien conjugal est profond, où donc se trouve la différence entre les deux ? Miyazaki Sanmai – Hanawa Dan'emon, 1893
3) 暖かい鴛鴦の契は、空しく半夜の夢と消えて。 大倉桃郎 – 『琵琶歌』, 1905
Le chaleureux lien conjugal s'évanouit vainement comme un rêve au milieu de la nuit. Ōkura Tōrō – Biwauta, 1905
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| Commentaire |
Le canard mandarin occupe également une place remarquable dans l'iconographie de cour japonaise. À partir du Moyen Âge, le 黄丹袍, robe cérémonielle dont la couleur était réservée au prince héritier, porte traditionnellement le motif 窠に鴛鴦, où un canard mandarin est inscrit dans un médaillon ornemental.
Cette présence dans le costume de cour montre combien l'oiseau était installé dans l'imaginaire symbolique japonais. Elle ne permet toutefois pas d'affirmer que ce motif a été choisi spécifiquement en raison du sens conjugal de 鴛鴦之契. |
| Locutions apparentées |
鳳凰于飛 hōō uhi
鴛鴦之偶 en'ō no gū 連理之枝 renri no eda 鴛鴦交頸 en'ō kōkei 琴瑟之和 kinshitsu no wa 比翼双飛 hiyoku sōhi 関関雎鳩 kankan shokyū 関雎之化 kansho no ka 琴瑟相和 kinshitsu sōwa |