独行踽踽
| Lecture japonaise | どっこう くく |
| Rōmaji | Dokkō Kuku |
| Sens | Marcher seul, sans compagnon ni soutien ; avancer à l'écart des autres, dans un sentiment d'isolement ou d'abandon.
Littéralement, 独行 signifie « marcher seul » et 踽踽 décrit l'allure solitaire d'une personne qui n'a personne auprès d'elle. Le redoublement insiste sur cette impression de solitude ; la marche peut être réelle ou représenter une existence dépourvue d'appuis. |
| Variante(s) | 1) 獨行踽踽 Dokkō Kuku
三は、獨行踽々、呼びて應ふるものなし、唱へて和するものなし。 吉田松陰『西遊日記』、『吉田松陰全集』第十巻
Troisièmement, je marchais seul, sans personne pour m'accompagner : j'appelais, et nul ne répondait ; je chantais, et nul ne reprenait mon chant. Yoshida Shōin, Journal d'un voyage dans l'Ouest, dans Œuvres complètes de Yoshida Shōin, vol. 10
2) 踽踽獨行 Kuku Dokkō 3) 踽踽独行 Kuku Dokkō |
| Source | 1) 『詩經』「國風・唐風・杕杜」(Shijing, « Tang feng », « Di du »)
有杕之杜,其葉湑湑。獨行踽踽,豈無他人?不如我同父。 Voici un poirier solitaire, au feuillage luxuriant. Je marche seul, sans personne à mes côtés. N'y a-t-il donc personne d'autre ? Certes, mais nul ne vaut ceux qui sont nés du même père que moi. 2) 白居易「傷遠行賦」『全唐文』巻六百五十六(Bai Juyi, « Lamentation sur un long voyage », Quan Tang wen, vol. 656) 獨行踽踽兮惜晝短,孤宿煢煢兮愁夜長。 Seul sur la route, je regrette que le jour soit si court ; seul pour la nuit, je m'afflige qu'elle soit si longue. Les deux passages emploient la graphie ancienne de la locution, déjà fixée dans le Livre des Odes et reprise sous les Tang. |
| Niveau Kanken | Absent |
| Rareté | 4 – Marginal |
| Exemple d’usage | 1) 言葉はほとんど分からない、しかも「独行踽踽」。とにかく、迎えの車が来ているはずの北京国際空港までたどり着かねば…
Je ne comprenais presque rien à la langue et, de surcroît, je voyageais seul, sans personne pour m'accompagner. Il fallait à tout prix que je parvienne jusqu'à l'aéroport international de Pékin, où une voiture était censée m'attendre… « Penser à la source quand on boit de l'eau : une gratitude qu'il ne faut jamais oublier », Proverbes chinois et expériences vécues de réussite, 11 septembre 2023
2) 三は、獨行踽々、呼びて應ふるものなし、唱へて和するものなし。 吉田松陰『西遊日記』、『吉田松陰全集』第十巻
Troisièmement, je marchais seul, sans personne pour m'accompagner : j'appelais, et nul ne répondait ; je chantais, et nul ne reprenait mon chant. Yoshida Shōin, Journal d'un voyage dans l'Ouest, dans Œuvres complètes de Yoshida Shōin, vol. 10 |
| Commentaire | Le mot 踽踽 a survécu dans la littérature japonaise sous une forme plus libre que la locution en quatre caractères. Dans 『虞美人草』, publié en 1907, 夏目漱石 évoque un homme qui avance comme en rêve et le rapproche de l'expression 踽々として独り行く, « aller seul son chemin ». |
| Locutions apparentées | 踽踽涼涼 Kuku Ryōryō |