Yoji – Tous les 四字熟語 traduits (ou presque)

朝耕暮耘

Lecture japonaise ちょうこう ぼうん
Rōmaji Chōkō Bōun
Sens S’adonner avec ardeur aux travaux agricoles, en cultivant les champs et en arrachant les mauvaises herbes du matin au soir. L’expression évoque le labeur incessant des cultivateurs.

Littéralement, « labourer le matin et sarcler le soir ». 朝耕chōkō associe le matin au travail de la terre ; 暮耘bōun désigne le désherbage effectué à la tombée du jour. Le caractère 耘un signifie précisément « arracher les mauvaises herbes ».

Source 袁介「踏災行」、陶宗儀『南村輟耕錄』巻二十三「檢田吏」所収(Yuan Jie, « Chant du désastre », cité par Tao Zongyi dans le Nancun chuogeng lu, vol. XXIII, « L’inspecteur des terres », XIVe siècle)

延祐七年三月初,賣衣買得犁與鋤。朝耕暮耘受辛苦,要還私債輸官租。

Au début du troisième mois de la septième année Yanyou, j’ai vendu mes vêtements pour acheter une charrue et une houe. Labourant dès le matin et sarclant jusqu’au soir, je peine sans relâche pour rembourser mes dettes privées et payer les impôts dus à l’administration.

Dans ce poème, un vieil agriculteur raconte la sécheresse, l’endettement et les prélèvements qui l’ont ruiné ; le texte est repris par Tao Zongyi dans sa chronique de l’époque Yuan.

Niveau Kanken 1
Rareté 5 – Chinois classique
Exemple d’usage La locution survit surtout dans les dictionnaires, les commentaires des classiques chinois et dans des traductions en japonais moderne:

朝(あした)に耕(たがや)し暮(くれ)に耘(くさぎ)る。

『学研 四字熟語辞典』「朝耕暮耘」(『輟耕録』の訓読)

Labourer dès le matin et sarcler jusqu’au soir.

Dictionnaire des locutions quadrigraphiques Gakken, « Chōkō Bōun » (lecture japonaise du passage du Chuogeng lu)
Commentaire Pendant des siècles, le désherbage des rizières japonaises fut l’une des tâches les plus éprouvantes de la saison agricole. Après le repiquage, il fallait retourner plusieurs fois dans l’eau, courbé au-dessus des jeunes plants, pour empêcher les herbes concurrentes d’étouffer le riz. Les outils ont progressivement modifié cette corvée, sans en faire disparaître la nécessité.

Le musée historique de Kurayoshi, dans la préfecture de Tottori, conserve notamment un appareil de sarclage mis au point à partir du 太一車Taichi-guruma, conçu par Nakai Taichirō. Ses éléments roulants permettaient de désherber entre les lignes de plants tout en remuant la terre. Le musée souligne que cette invention libéra les cultivateurs d’une partie du pénible travail effectué le dos courbé. Des machines de ce type furent utilisées jusque dans les années 1950 : elles rappellent combien la lutte contre les mauvaises herbes occupait une place centrale dans la culture du riz.

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